Le tribunal militaire en charge du dossier des attentats du 11 septembre 2001 a officiellement programmé l'ouverture du procès de Khalid Cheikh Mohammed pour le 5 juin 2028. Cette décision intervient après des années de reports procéduraux et l'annulation, en juillet 2025, d'un accord de plaider coupable qui aurait pu épargner la peine capitale aux accusés.
Un calendrier judiciaire marqué par les reports
Détenu depuis 2006 sur la base américaine de Guantánamo, Khalid Cheikh Mohammed, considéré comme l'un des principaux lieutenants d'Oussama ben Laden, attend son jugement depuis sa capture au Pakistan en 2003. La procédure a été ralentie par une succession d'obstacles juridiques, notamment autour de la validité des preuves recueillies. L'annulation récente de l'accord de plaider coupable par une cour d'appel américaine a contraint les autorités à fixer cette nouvelle échéance, prolongeant une attente qui dure depuis plus de vingt ans.
Le poids de la torture dans la procédure
L'un des enjeux centraux de ce procès réside dans l'irrecevabilité potentielle des preuves. Avant son transfert à Cuba, Khalid Cheikh Mohammed a transité par des prisons secrètes de la CIA, notamment en Pologne, où il a été soumis à des séances de torture systématique, incluant 183 épisodes de simulation de noyade. La défense soutient que ces méthodes d'interrogatoire entachent la légitimité des éléments retenus contre lui, Walid bin Attash et Mustafa al-Hawsawi, tous trois accusés du meurtre de près de 3 000 personnes.
Le devenir de la prison de Guantánamo
Au-delà du cas individuel de KSM, ce procès souligne la persistance de la structure carcérale de Guantánamo, dont l'existence a durablement affecté l'image internationale des États-Unis. Malgré les engagements successifs des administrations Obama et Biden en faveur de sa fermeture, le site continue d'abriter les derniers détenus liés aux opérations d'Al-Qaïda. Le procès à venir, qui couvrira également les implications de l'accusé dans d'autres attentats, notamment au Kenya et en Indonésie, reste un point de tension majeur concernant les libertés publiques et l'application du droit international dans le cadre de la lutte antiterroriste.