Le prix du diesel aux États-Unis a franchi un seuil historique, atteignant 5,85 dollars le gallon, sous l'effet conjugué de tensions géopolitiques majeures et de marges de raffinage record. Cette flambée des coûts de l'énergie érode le pouvoir d'achat des ménages américains et entraîne une chute significative de la cote de popularité du président Donald Trump à l'approche des élections de mi-mandat.
Un choc énergétique alimenté par les tensions géopolitiques
La hausse des prix à la pompe s'inscrit dans un contexte de forte instabilité internationale. Le blocage du détroit d'Ormuz par Téhéran, en représailles à l'engagement américain dans un conflit contre l'Iran, a gravement perturbé les flux d'hydrocarbures. À cela s'ajoutent les conséquences des frappes ukrainiennes sur les infrastructures pétrolières russes, qui compriment davantage l'offre mondiale. Ces facteurs maintiennent les cours du brut à des niveaux élevés, rendant le scénario d'une détente rapide des prix peu probable pour les consommateurs américains.
Des marges de raffinage au profit des industriels
Au-delà des cours du pétrole, la structure du marché intérieur américain joue un rôle déterminant dans cette inflation. Les marges des raffineries ont atteint un niveau inédit de 106 dollars par baril, propulsant les profits des trois principaux acteurs du secteur à 12,6 milliards de dollars au deuxième trimestre, soit quatre fois plus que l'année précédente. Face à cette situation, Donald Trump a convoqué les dirigeants des compagnies pétrolières à la Maison Blanche, cherchant une issue politique à une crise qui pèse directement sur les coûts logistiques et agricoles, le diesel étant le carburant principal des poids lourds et des tracteurs.
Une érosion du soutien populaire avant les élections
L'impact économique est immédiat : les salaires réels ne progressent pas assez rapidement pour absorber cette hausse des coûts, ce qui fragilise le pouvoir d'achat des citoyens. Cette dégradation du climat social se traduit par une chute de l'approbation présidentielle, qui tombe à 33 %, contre 42 % à la même période en 2018. La gestion de l'économie, pilier central de la confiance des électeurs, n'est jugée satisfaisante que par 26 % des sondés, plaçant l'administration Trump sous une pression accrue à trois mois du scrutin de mi-mandat.