La visite officielle du prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, en France ce week-end marque un tournant dans les relations bilatérales, alors que Paris cherche à renforcer ses partenariats économiques et à sécuriser ses approvisionnements énergétiques dans un contexte géopolitique explosif.
Une visite sous le signe des contrats économiques et de la diversification
Emmanuel Macron recevra dimanche et lundi le prince héritier saoudien pour une série d’entretiens diplomatiques et la signature de « nombreux accords » dans les secteurs des transports, de l’énergie et de la santé. L’Élysée insiste sur le « dynamisme de la relation franco-saoudienne », dans un contexte régional marqué par les tensions autour du détroit d’Ormuz, verrouillé par l’Iran. Une réunion ministérielle est prévue lundi pour discuter de la diversification des routes d’approvisionnement énergétique, un dossier devenu prioritaire pour l’Europe après les menaces iraniennes sur les livraisons de pétrole.
Dragon Ball et autres projets : l’attrait des investissements saoudiens
Si le projet d’un parc d’attractions Dragon Ball dans le Val-d’Oise n’a pas été confirmé, l’Élysée rappelle que le président Macron « a à cœur de favoriser les investissements étrangers en France ». Une cérémonie de signature d’accords est prévue en fin de journée lundi, après une journée inaugurale marquée par la clôture de l’Esports World Cup, compétition de jeux vidéo organisée pour la première fois hors d’Arabie saoudite. Ces initiatives illustrent la stratégie saoudienne de diversification de son soft power, tout en renforçant ses liens avec l’Europe.
Sécurité régionale et diplomatie : les sujets qui fâchent
Au-delà des enjeux économiques, la visite sera l’occasion d’aborder des dossiers sensibles : la crise irano-saoudienne, la fermeture du détroit d’Ormuz, le conflit israélo-palestinien, la situation au Liban et en Syrie, ainsi que la coopération culturelle, notamment autour du site d’Al-Ula. L’Élysée qualifie cette visite de « hautement symbolique », soulignant qu’il s’agit de la première sortie à l’étranger du prince héritier depuis plusieurs mois. Une occasion pour Paris de réaffirmer son rôle d’interlocuteur clé au Moyen-Orient, tout en naviguant entre les rivalités régionales et les intérêts stratégiques français.