Après dix années de collaboration, le prince Harry a officiellement quitté le conseil d'administration de l'organisation African Parks. Ce départ intervient dans un contexte de crise pour cette structure de conservation, mise en cause pour des exactions graves commises par son personnel au sein du parc national d'Odzala-Kokoua, en République du Congo.
Des accusations de violences extrêmes
L'ONG, qui gère 24 aires protégées à travers 13 pays africains, a été secouée par des révélations publiées début 2024. Des témoignages, relayés par la presse internationale, ont mis en lumière des allégations de meurtres, de viols et de tortures visant les gardes forestiers employés par l'organisation. Ces violences auraient été perpétrées à l'encontre des membres du peuple autochtone Baka, vivant aux abords du parc national d'Odzala-Kokoua.
Une enquête interne aux conclusions opaques
Face à l'ampleur des accusations, African Parks a mandaté le cabinet d'avocats Omnia pour mener des investigations approfondies. En mai 2025, l'organisation a reconnu la véracité de certaines violations des droits humains commises par son personnel. Si le cabinet d'avocats a examiné 21 incidents distincts, incluant des cas d'homicides, de détentions arbitraires et de violences sexuelles, les résultats détaillés de cette enquête n'ont pas été rendus publics, en accord avec la direction de l'ONG.
La fin d'une collaboration de dix ans
Le porte-parole du duc de Sussex a précisé que ce départ s'inscrivait dans le cadre d'un « renouvellement normal de la gouvernance », tout en soulignant que le prince Harry restait attaché à la mission de conservation en Afrique. Le prince, qui a occupé la présidence de l'organisation pendant six ans avant d'intégrer le conseil d'administration en 2023, a affirmé soutenir les efforts de l'ONG pour renforcer sa gouvernance interne. De son côté, African Parks a tenu à préciser que ce retrait n'était pas une éviction, mais une décision mutuelle marquant la fin d'un cycle de dix ans d'engagement officiel.
Un enjeu de responsabilité pour les organisations internationales
Ce retrait soulève des questions sur la responsabilité des figures publiques et des instances dirigeantes au sein des organisations internationales opérant sur le continent. Alors que l'ONG poursuit ses activités de gestion environnementale, la gestion de ces allégations de violations des droits humains reste un point de vigilance majeur pour les observateurs, compte tenu de l'impact direct de ces pratiques sur les populations locales et de l'opacité entourant les conclusions de l'enquête indépendante.