Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a formellement exclu l'organisation d'élections nationales tant que le pays demeure sous le coup de la loi martiale. Face aux pressions internes, il qualifie la perspective d'un scrutin en temps de guerre de risque majeur pour la cohésion nationale.
Les risques d'une fracture politique
Lors d'une rencontre avec la presse le 23 août, Volodymyr Zelensky a comparé la tenue d'un scrutin à un « tsunami » qui pourrait fragiliser l'unité de l'État. Selon le chef de l'exécutif, engager le pays dans un processus électoral alors que l'invasion russe se poursuit reviendrait à fracturer la société ukrainienne. Cette position intervient dans un climat politique tendu, marqué par le limogeage récent de figures du gouvernement et des critiques émanant d'anciens responsables, dont l'ex-ministre de la Défense Mikhaïlo Fedorov, qui appelle à une restauration du processus démocratique.
Les obstacles logistiques et sécuritaires
Au-delà des considérations politiques, l'organisation d'un vote se heurte à des défis logistiques insurmontables dans le contexte actuel. Le président ukrainien a souligné l'impossibilité de garantir le droit de vote à l'ensemble des citoyens, notamment les militaires déployés sur le front, les millions de réfugiés dispersés à l'étranger et les populations vivant dans les zones sous occupation russe. Le cadre légal actuel, instauré en février 2022, interdit de facto tout scrutin, le mandat présidentiel ayant théoriquement expiré en mai 2024.
Une opinion publique majoritairement prudente
La stratégie de maintien du statu quo semble trouver un écho dans une partie de la population. D'après les données de l'Institut de sociologie de Kiev (KIIS) recueillies entre juillet et août, seulement 15 % des Ukrainiens interrogés se disent favorables à la tenue d'élections avant la fin des hostilités. Pour le président Zelensky, cette priorité donnée à la défense nationale reste indissociable de l'absence de volonté de Moscou d'envisager un cessez-le-feu, rendant toute transition électorale périlleuse pour la stabilité du pays.