Le président nigérian Bola Tinubu a ordonné le lancement d'un audit forensique complet des systèmes de gestion administrative et financière de l'État fédéral. Cette décision fait suite à la découverte par la Commission indépendante des pratiques de corruption (ICPC) de graves défaillances, incluant l'existence d'agences fictives et la présence de travailleurs fantômes au sein des effectifs publics.
Révision approfondie du système de paie IPPIS
Sous la supervision du ministre des Finances et coordinateur de l'économie, Taiwo Oyedele, l'audit se concentrera en priorité sur le système intégré d'information sur le personnel et la paie (IPPIS). L'objectif est d'identifier précisément comment des individus inéligibles ou fictifs ont pu être intégrés aux fichiers de l'État. Les experts examineront les interfaces entre l'IPPIS et les plateformes financières comme le Trésor unique (TSA) et Remita pour déterminer si les fraudes résultent de failles techniques, d'une mauvaise séparation des tâches ou d'un contournement délibéré des contrôles biométriques et bancaires.
Inventaire et légitimité des agences fédérales
Le second volet de cette opération vise à dresser un état des lieux exhaustif de toutes les entités publiques, des ministères aux parastataux. Il s'agit de vérifier la base légale de chaque structure bénéficiant de fonds publics, de locaux ou de privilèges administratifs. Cette étape doit permettre de mettre fin à l'existence d'organismes non officiels qui, selon les conclusions préliminaires de l'ICPC, parviennent à capter indûment des ressources budgétaires.
Renforcement de l'architecture de gouvernance
Au-delà de la simple identification des fraudeurs, le gouvernement ambitionne de restructurer durablement son architecture administrative. L'audit doit aboutir à une fiabilisation des données et à un renforcement des mécanismes de contrôle interne, de passation des marchés et d'audit. En collaborant étroitement avec l'ICPC, l'équipe chargée de cette mission devra garantir que les failles systémiques soient corrigées, assurant ainsi que seuls les agents légitimes et les institutions dûment constituées puissent accéder aux ressources de la nation.