Le président Bola Tinubu prend les rênes d’un conseil de campagne présidentiel de l’All Progressives Congress (APC) composé de 108 membres, incluant des gouverneurs, des sénateurs et des figures influentes, pour piloter la stratégie électorale de 2026. Cette structure, dévoilée ce week-end, reflète une volonté de rassembler les forces politiques, économiques et sociales du pays autour d’un projet commun.
Une équipe pléthorique pour une mobilisation nationale
Le conseil, présidé par Tinubu lui-même, s’articule autour de deux vice-présidents, de directeurs généraux et de 14 adjoints couvrant des zones géographiques et des secteurs clés : sud, nord, jeunesse, femmes, personnes en situation de handicap, médias, sécurité, et bien d’autres. Chaque poste est occupé par des personnalités aux profils variés, allant de gouverneurs en exercice à des anciens ministres ou des responsables partisans.
Parmi les figures marquantes, on retrouve le vice-président Kashim Shettima, le président national de l’APC, le sénateur Abdulaziz Yari (directeur général), ou encore le gouverneur de l’État de Zamfara, Bello Matawalle, chargé de la sécurité. Le conseil inclut également des responsables religieux, des représentants des syndicats, du secteur extractif, de l’éducation et même du sport, soulignant une approche multidimensionnelle de la campagne.
Une répartition géographique et sectorielle stratégique
La répartition des rôles suit une logique à la fois territoriale et thématique. Les coordinateurs zonaux, comme le gouverneur de Lagos Babajide Sanwo-Olu pour le sud-ouest ou le gouverneur de Kaduna Uba Sani pour le nord-ouest, sont chargés de superviser les opérations locales. Parallèlement, des directeurs sectoriels, tels que le sénateur John Enoh pour l’industrie manufacturière ou le Dr Maruf Alausa pour l’éducation, doivent mobiliser des groupes spécifiques.
Le conseil intègre aussi des cellules dédiées à des enjeux transversaux : la communication stratégique (avec des responsables comme Mohammed Idris Malagi ou Dele Alake), la collecte de fonds, la logistique, ou encore la coordination avec les parlementaires. Une attention particulière est accordée aux jeunes et aux femmes, avec des postes dédiés comme celui de Betta Edu pour la mobilisation féminine ou d’Ayodele Olawande pour la jeunesse.
Sécurité et intelligence : un volet central
La sécurité occupe une place prépondérante dans cette structure, avec un directeur général adjoint dédié et une équipe incluant des généraux à la retraite comme Leo Irabor ou Solomon Udounwa. Le général Sarki Yaki dirige la cellule sécurité et intelligence, tandis que des responsables comme Bello Matawalle ou Yusuf Gagdi en sont les adjoints. Cette priorité reflète les défis sécuritaires persistants au Nigeria, où les élections sont souvent marquées par des violences.
Les conseillers spéciaux du président, comme l’ancien président du Sénat Ameh Ebute ou l’ancienne présidente de la Chambre des représentants Patricia Etteh, complètent cette équipe en apportant une expertise institutionnelle. Leur présence vise à renforcer la crédibilité du processus et à faciliter les interactions avec les institutions nigérianes.
Un conseil sous le signe de l’unité et de la diversité
Avec des membres issus de tous les États et des principaux groupes socio-économiques, ce conseil de campagne incarne une tentative de fédérer au-delà des clivages partisans. Cependant, son ampleur et sa complexité soulèvent des questions sur son efficacité opérationnelle. La réussite de cette structure dépendra de sa capacité à coordonner des acteurs aux intérêts parfois divergents, dans un contexte politique nigérian marqué par des tensions régionales et des rivalités internes à l’APC.