Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a officiellement chargé l'Inspection générale d'État (IGE) de faire la lumière sur les conditions du retrait de la compagnie américaine Kosmos Energy du projet gazier Yakaar-Teranga. Cette mission d'audit administratif vise à clarifier la nature et la destination d'une somme de 55 millions de dollars, au cœur d'une controverse entre l'exécutif et l'ancienne direction de Petrosen.
Un audit approfondi des actes contractuels
La saisine de l'IGE ne se limite pas à la question financière. L'organe de contrôle a pour mission d'examiner l'intégralité de la chaîne décisionnelle ayant conduit au départ de Kosmos Energy. Les inspecteurs devront passer au crible les contrats, les échanges de correspondances officielles et l'ensemble des documents administratifs liés à cette opération. L'objectif est de déterminer si les procédures réglementaires ont été scrupuleusement respectées lors de la rupture des engagements de la compagnie pétrolière.
Divergences sur la nature des fonds
La controverse porte sur la qualification juridique des 55 millions de dollars, soit environ 30 milliards de FCFA. Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô a publiquement affirmé l'existence de ces fonds, s'appuyant sur une correspondance de l'ancien ministre du Pétrole, Biram Souleye Diop, qui dénonçait un manquement grave à l'article 19 du Code pétrolier. À l'inverse, l'ancien directeur général de Petrosen, Alioune Guèye, conteste formellement cette lecture. Selon lui, cette somme ne constitue pas une créance exigible par l'État, mais correspondait à un engagement minimum de dépenses de la part de l'opérateur.
La défense de l'ex-direction de Petrosen
Face aux accusations, Alioune Guèye invoque le décret n°2024-713 du 13 mars 2024 pour justifier la conformité des conventions signées. Il souligne que Kosmos Energy avait déjà investi plus de 300 millions de dollars dans le projet avant son retrait. L'ancien responsable de Petrosen se dit prêt à soumettre les pièces justificatives aux instances compétentes, qu'il s'agisse de l'Assemblée nationale, de la Cour des comptes ou de la justice, afin de démontrer la régularité des opérations menées sous sa direction. La lumière apportée par l'IGE sera déterminante pour clore ce dossier qui interroge la gestion des ressources naturelles du pays.