Le président du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a indiqué qu’un report des élections locales pourrait être envisagé, à condition qu’il soit le fruit d’un consensus national. Cette position s’inscrit dans un contexte juridique précis et une situation politique marquée par la perte de la majorité parlementaire.
Une décision de la Cour suprême qui fixe les limites
La Cour suprême a rappelé que le scrutin local pouvait être organisé au plus tard à la fin de l’année 2027, après avoir rejeté la requête de Noo Lank visant à imposer une date précise. Deux procédures de référé – l’un en liberté, l’autre en mesure utile – ont été présentées par des acteurs souhaitant accélérer le calendrier, ainsi que par le Front pour la Défense de la République. La haute juridiction a ainsi confirmé que le gouvernement n’est pas contraint de fixer immédiatement une échéance, mais qu’il doit respecter le cadre fixé par la justice.
Un président sans majorité parlementaire
Le débat sur le calendrier électoral survient alors que Diomaye Faye ne dispose plus d’une majorité à l’Assemblée, suite à la rupture de son alliance avec le Pastef d’Ousmane Sonko le 22 mai 2026. Cette perte de soutien parlementaire complique la mise en œuvre des décrets nécessaires à l’organisation des scrutins départementaux et municipaux. Le président a d’ailleurs saisi le Conseil constitutionnel afin d’obtenir un avis sur la possibilité de regrouper les élections législatives et locales, une option qui pourrait réduire les tensions politiques mais qui nécessite un large accord.
Priorité aux négociations avec le FMI
Parallèlement aux enjeux électoraux, Diomaye Faye a souligné que les discussions avec le Fonds monétaire international restent sa priorité absolue. Le président cherche à obtenir un nouveau programme d’ajustement qui rassure les investisseurs et restaure la confiance des partenaires financiers. Un accord avec le FMI est perçu comme indispensable pour soutenir la stabilité macroéconomique du pays, surtout dans un contexte où l’incertitude politique pourrait affecter les flux de capitaux.
Vers un report conditionné par le dialogue
Face à ces multiples contraintes, le président a insisté sur la nécessité d’un « consensus » avant toute décision de report. Il a rappelé son attachement au dialogue et à la concertation comme principes directeurs de la gouvernance. Ainsi, un éventuel report des élections locales ne serait envisagé que s’il était soutenu par les forces politiques majeures et s’il s’inscrivait dans une stratégie globale visant à préserver la stabilité institutionnelle et économique du Sénégal.