Le président du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, aurait décidé de licencier 28 chargés de mission, tous présentés comme issus du parti Pastef, et de les retirer des groupes WhatsApp professionnels de la Présidence. Cette mesure s’inscrit dans une série de remaniements qui visent à redéfinir les rapports entre l’appareil présidentiel et les responsables du mouvement patriotique qui l’ont soutenu lors de son accession au pouvoir.
Un nettoyage de l’entourage présidentiel
Selon les informations recueillies, les 28 fonctionnaires concernés occupaient des postes de chargé de mission au sein de la Présidence, un rôle souvent utilisé pour intégrer des cadres proches du parti au pouvoir. Leur retrait simultané des canaux de communication internes, notamment les groupes WhatsApp dédiés aux affaires présidentielles, indique une volonté de couper les liens opérationnels de façon rapide et coordonnée.
Les précédents remaniements depuis l’arrivée de Faye
Ce n’est pas la première fois que l’entourage de Faye connaît des changements majeurs. En octobre 2024, une douzaine de coordonnateurs de la Jeunesse patriotique du Sénégal (JPS), branche affiliée à Pastef, avaient été nommés chargés de mission, marquant l’insertion du parti dans les hautes sphères de l’État. Quelques mois plus tard, en juillet 2026, plusieurs membres de la JPS et d’autres structures pastefistes ont annoncé leur démission, certains pour rejoindre la dynamique politique portée par le président. Le 11 septembre 2026, une vague de limogeages et de nouvelles nominations au sein du Conseil des ministres avait déjà alimenté les débats sur une éventuelle « dépastéfisation » de l’administration.
Implications pour la dynamique Pastef et la formation Kiiraay
Le retrait de ces 28 agents pourrait renforcer la formation politique Kiiraay, associée à Bassirou Diomaye Faye, en réduisant l’influence directe de Pastef au sein de la Présidence. Les observateurs politiques interprètent ce geste comme une tentative de consolider une base plus indépendante, tout en préservant la capacité du président à gouverner sans être perçu comme dépendant d’un parti unique. Cette évolution pourrait également modifier les équilibres internes du parti Pastef, qui voit son accès privilégié aux postes de l’État remis en question.
Réactions et perspectives pour la gouvernance sénégalaise
Les réactions officielles restent limitées, mais les analystes soulignent que ce type de remaniement peut avoir des répercussions sur la stabilité administrative et la continuité des projets en cours. En retirant un groupe important de conseillers, le président risque de devoir reconstituer rapidement une équipe opérationnelle, ce qui pourrait ralentir certaines initiatives. À moyen terme, la mesure pourrait toutefois favoriser une gouvernance perçue comme plus technocratique et moins tributaire des affiliations partisanes, un enjeu crucial pour la crédibilité du régime auprès des partenaires internationaux et des électeurs sénégalais.