Du haut de la tribune de l’Assemblée générale des Nations Unies, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a présenté un diagnostic sans détour de la perte de confiance qui freine la coopération internationale, tout en esquissant les grandes lignes d’un multilatéralisme renouvelé, d’une réforme financière globale et d’une stratégie sécuritaire pour le Sahel.
Un appel à réinventer le multilatéralisme face à la crise de confiance
Faye a décrit la scène internationale comme traversée par des conflits persistants – de Gaza à l’Ukraine, du Soudan au Yémen – qui ne justifient pas le recul du droit au profit de la force. Il a réaffirmé la nécessité d’une solution à deux États pour le conflit israélo‑palestinien, avec Jérusalem‑Est comme capitale, et a insisté sur le rôle protecteur de l’ONU comme garant de la paix. Selon lui, le multilatéralisme doit évoluer, mais ne doit pas abandonner les principes fondateurs de l’Organisation.
Sécurité du Sahel : un défi transfrontalier lié au développement
En tant que président en exercice de la CEDEAO, Faye a rappelé que la menace terroriste ne se cantonne pas à un seul pays et que son impact se répercute sur l’ensemble du continent. Il a souligné que la sécurité ne peut être dissociée du développement économique, appelant les partenaires internationaux à ne pas abandonner le Sahel et à soutenir des initiatives qui conjuguent lutte antiterroriste et projets de croissance durable.
Vers une refonte de l’architecture financière mondiale
Quarante ans après la Déclaration du droit au développement, le chef d’État sénégalais a exhorté les puissances économiques à réviser le système financier mondial. Il a plaidé pour une fiscalité plus équitable, un allègement durable de la dette des pays en développement et un accès élargi aux financements concessionnels. Faye a également évoqué la souveraineté technologique, l’intelligence artificielle éthique et le développement spatial comme leviers pour réduire la dépendance aux acteurs traditionnels.
Ambitions diplomatiques du Sénégal : Conseil de sécurité et soutien à Macky Sall
Le discours a pris une dimension historique lorsque Faye a annoncé le soutien inconditionnel du Sénégal à la candidature de l’ancien président Macky Sall à la direction de l’ONU, dépassant ainsi les rivalités internes. Cette position s’inscrit dans la stratégie du pays qui a officiellement présenté sa candidature pour un siège non permanent au Conseil de sécurité pour 2032‑2033. En soulignant que Dakar a financé la construction de la Maison des Nations Unies à Diamniadio, Faye a illustré la volonté du Sénégal de contribuer concrètement aux institutions multilatérales.