Le président nigérian Bola Tinubu a réitéré son soutien à l'adoption du projet de loi sur les sièges réservés aux femmes, une réforme constitutionnelle visant à accroître la présence féminine au sein des institutions législatives. Cette promesse intervient dans un contexte de scepticisme, alors que les précédentes tentatives d'inclusion politique des femmes par l'exécutif n'ont pas encore atteint les objectifs fixés.
Un mécanisme pour renforcer la représentativité
Le projet de loi, porté par le vice-président de la Chambre des représentants, Benjamin Kalu, propose une modification de la Constitution pour créer des sièges législatifs supplémentaires dédiés aux femmes, sans pour autant supprimer les postes existants. Concrètement, le texte prévoit l'ajout d'un siège au Sénat pour chaque État et le Territoire de la capitale fédérale (FCT), ainsi que des quotas réservés au sein de la Chambre des représentants et des assemblées législatives des États.
Un processus législatif sous tension
Malgré les assurances répétées des autorités, le calendrier d'adoption a subi des retards significatifs. Initialement prévu pour un vote au dernier trimestre 2025, le texte n'a pas été soumis à l'examen des parlementaires dans les délais annoncés. Le projet doit désormais franchir l'étape de la troisième lecture au Parlement avant d'être transmis aux assemblées des États, où il nécessite une majorité des deux tiers pour être validé. Cette procédure complexe, couplée à l'approche du cycle électoral de 2027, laisse planer une incertitude sur la concrétisation effective de cette réforme.
Le défi de la parité dans l'administration
L'engagement présidentiel est scruté avec attention, notamment au regard du bilan actuel de l'administration Tinubu. Dans son programme électoral de 2023, le chef de l'État s'était engagé à allouer au moins 35 % des postes gouvernementaux aux femmes, conformément à la Politique nationale de genre. À ce jour, la réalité est différente : seules huit femmes siègent parmi les 48 ministres nommés, soit un taux de 17 %. Ce décalage entre les promesses politiques et la composition réelle du gouvernement alimente les interrogations sur la capacité du pouvoir en place à transformer ses engagements en mesures structurelles durables.