Le président nigérian Bola Tinubu s'apprête à regagner le Nigeria ce week-end, après avoir prolongé de quelques jours son séjour de travail entamé le 30 août dernier. Malgré son absence physique du territoire, la présidence assure que le chef de l'État continue d'exercer ses prérogatives et de piloter les affaires nationales depuis l'étranger.
Un agenda diplomatique et économique en Europe
Après une première semaine passée à Londres, le président Tinubu a poursuivi son déplacement en France. À Paris, il a notamment tenu des entretiens avec son homologue français Emmanuel Macron, ainsi qu'avec l'homme d'affaires Vincent Bolloré. Ces rencontres s'inscrivent dans un contexte de relations bilatérales suivies, le groupe Bolloré détenant des intérêts majeurs dans des secteurs stratégiques tels que les médias, la distribution audiovisuelle et l'industrie musicale à travers des entités comme Canal+ et Multichoice.
Continuité de l'État et gestion des crises
La présidence souligne que l'éloignement géographique n'a pas entravé la prise de décision. Parmi les actes officiels posés depuis l'Europe, le président a ordonné la mise en place d'une commission d'enquête indépendante suite au décès de 37 mineurs illégaux à Minna, survenu après leur interpellation par le Corps de défense civile et de sécurité du Nigeria. Cette mesure illustre la volonté de l'exécutif de maintenir une supervision directe sur les dossiers sécuritaires et sociaux sensibles.
Organisation de l'intérim et polémiques politiques
Durant cette période, la gestion des fonctions officielles a été déléguée. Si le vice-président Kashim Shettima a assuré la représentation du chef de l'État, il a quitté Abuja le 20 septembre pour New York afin de participer à la 81e Assemblée générale des Nations Unies, où il doit prononcer la déclaration nationale du Nigeria. En son absence, le secrétaire au gouvernement de la Fédération, George Akume, poursuit la représentation présidentielle lors des événements officiels. Parallèlement, la présidence a fermement réfuté les critiques formulées par l'opposition concernant l'absence du chef de l'État à la tribune onusienne, qualifiant ces insinuations d'irresponsables, tandis que sur le plan intérieur, des consultations politiques se poursuivent avec les autorités traditionnelles sous l'égide du directeur général du conseil de campagne présidentiel, Abubakar Yari.