Le président nigérian Bola Tinubu a appelé le pouvoir judiciaire à engager une réforme profonde de ses procédures pour mettre fin à l'impunité des individus influents. Lors d'un atelier organisé par la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC) et l'Institut national de la magistrature (NJI), le chef de l'État a insisté sur la nécessité de fermer les failles juridiques qui entravent la lutte contre la corruption.
Lutter contre les manœuvres dilatoires
Le président Tinubu, représenté par le vice-président Kashim Shettima, a exhorté les magistrats à ne plus tolérer les tactiques procédurales qui permettent aux personnes politiquement exposées et aux réseaux criminels organisés de retarder indéfiniment les procès. Selon lui, le droit doit servir l'intérêt public plutôt que de protéger des intérêts privés derrière des arguties techniques. Il a souligné que la corruption constitue une menace existentielle pour le Nigeria, exigeant une magistrature indépendante et résolument tournée vers la réforme pour garantir l'équité sociale.
Adapter la justice à l'ère numérique
Le cœur des échanges a porté sur l'évolution rapide de la criminalité, amplifiée par les technologies émergentes telles que l'intelligence artificielle et la blockchain. Le président a salué les résultats récents de l'EFCC, notamment dans la récupération d'actifs virtuels et la lutte contre les fraudes liées aux cryptomonnaies, qui ont permis de recouvrer des millions de dollars et de poursuivre des cybercriminels internationaux. Toutefois, il a rappelé que l'efficacité de ces actions dépend de la capacité des tribunaux à suivre cette mutation technologique pour éviter une obsolescence institutionnelle.
Une synergie institutionnelle nécessaire
La cheffe de la justice nigériane, Kudirat Kekere-Ekun, a confirmé que la formation continue des magistrats est une priorité pour améliorer la gestion des preuves numériques et la célérité des dossiers. De son côté, le président de l'EFCC, Ola Olukoyede, a reconnu que l'innovation technologique progresse souvent plus vite que les instruments juridiques actuels. Pour répondre à ce défi, le gouvernement a réaffirmé son soutien à la modernisation de l'appareil judiciaire, tout en appelant à une collaboration accrue entre l'exécutif, le législatif et le judiciaire pour renforcer l'arsenal législatif contre la criminalité financière.