Cinq ans après sa prise de fonction, le président guinéen Mamadi Doumbouya a imposé une série de directives strictes à son équipe gouvernementale. Lors du Conseil des ministres du 3 septembre 2026, le chef de l'État a exigé une transition immédiate vers une culture du résultat pour accélérer le développement national.
Une exigence de rigueur budgétaire et opérationnelle
Le chef de l'État a formulé cinq impératifs qualifiés de « non négociables ». Au cœur de cette nouvelle doctrine, la gestion des finances publiques occupe une place centrale : Mamadi Doumbouya a formellement proscrit les dépenses de prestige et le gaspillage des deniers de l'État. Parallèlement, il a instauré un mécanisme de suivi mensuel de l'avancement des projets, exigeant une discipline accrue dans leur exécution. Cette volonté de rationalisation s'accompagne d'une obligation de préparation technique rigoureuse, incluant des études de faisabilité systématiques et la mise en place de dispositifs de maintenance pérennes avant tout financement.
L'impératif de présence sur le terrain
Au-delà de la gestion administrative, le président guinéen a réorienté la méthode de travail de ses ministres. Il a insisté sur la nécessité d'une présence constante sur le terrain, rappelant que l'action gouvernementale ne peut se piloter depuis un bureau. Cette directive vise à rapprocher les décideurs des réalités locales et à garantir que les investissements publics se traduisent concrètement par des retombées pour les citoyens, notamment en matière d'emploi, de formation professionnelle et de transfert de compétences.
Un contexte de remaniement et de lutte contre la corruption
Ce rappel à l'ordre intervient dans un climat politique marqué par une volonté de moralisation de la vie publique. Deux semaines avant cette intervention, le limogeage des ministres Mory Condé et Mourana Soumah avait déjà illustré la fermeté du chef de l'État. Bien que les motifs précis de ces départs n'aient pas été détaillés, cette séquence s'inscrit dans une dynamique plus large où le président réaffirme que la lutte contre la corruption et l'exigence de performance concernent l'ensemble des responsables publics, sans exception.