Le président ghanéen John Mahama a solennellement appelé ses concitoyens à ne pas considérer la tolérance religieuse comme un acquis immuable. Cette déclaration intervient dans un contexte de vives tensions, marquées par des échanges d'insultes en ligne et des violences physiques entre un imam et un pasteur, un incident que le chef de l'État juge incompatible avec les valeurs de cohésion nationale.
Un rappel à la responsabilité des leaders
Lors de la 32e assemblée générale des Assemblées de Dieu à Gomoa Fetteh, le président Mahama a exhorté les autorités religieuses à faire preuve de retenue dans leurs prises de parole publiques et sur les réseaux sociaux. Il a souligné que la liberté de religion, garantie par la Constitution, ne constitue en aucun cas un droit à l'insulte, à l'incitation à la violence ou à la justice privée. Pour le chef de l'État, les convictions spirituelles ne doivent jamais se transformer en outils de provocation ou de haine.
La cohésion sociale comme socle national
Le président a rappelé que le Ghana tire sa force de la coexistence pacifique entre chrétiens, musulmans et autres confessions, qui partagent quotidiennement les mêmes espaces scolaires, professionnels et institutionnels. Il a insisté sur le fait que la paix sociale est l'un des atouts les plus précieux du pays. À cet égard, il a salué l'intervention du chef de la police, Christian Tetteh Yohuno, et du Chef Imam national, Sheikh Osmanu Nuhu Sharubutu, dont la médiation a permis d'apaiser les tensions entre les parties impliquées dans le récent conflit.
Le primat de l'État de droit
Face à la viralité des propos tenus depuis les chaires ou les mosquées, le président a mis en garde contre les conséquences dévastatrices d'une parole irresponsable. Il a réaffirmé que, malgré les différends, le respect de la dignité humaine et le recours aux procédures légales doivent primer sur toute forme de représailles ou d'action collective violente. Le gouvernement encourage désormais les instances religieuses et le Conseil national de la paix à intensifier le dialogue interconfessionnel, particulièrement auprès de la jeunesse, afin de transformer la diversité religieuse en un levier de développement plutôt qu'en une source de division.