En marge du sommet des BRICS, le président iranien Massoud Pezeshkian a réaffirmé sa volonté d'écarter toute influence militaire américaine au Moyen-Orient. Il prône une gestion sécuritaire exclusivement régionale, tout en appelant à une solidarité accrue entre les nations musulmanes face aux tensions persistantes.
Une souveraineté régionale revendiquée
Pour le chef de l'État iranien, la stabilité du Moyen-Orient ne peut être assurée que par les pays qui le composent. Massoud Pezeshkian a explicitement rejeté le rôle de « gendarme » attribué aux États-Unis, soulignant que l'intégrité territoriale de la zone doit reposer sur ses acteurs locaux. Cette déclaration intervient dans un climat de confrontation directe, marqué par des échanges de tirs sporadiques entre les forces iraniennes et américaines, ainsi que par des frappes menées conjointement par les États-Unis et Israël depuis février 2026.
Le détroit d'Ormuz au cœur des tensions économiques
Le contrôle du détroit d'Ormuz est devenu le point de friction majeur de ce conflit. Depuis le début des hostilités, l'Iran impose des restrictions strictes à la navigation, exigeant des navires marchands une autorisation préalable et envisageant l'instauration de frais de passage. Cette stratégie de verrouillage, qui entrave une voie maritime par laquelle transitait autrefois 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux, a des conséquences directes sur les marchés internationaux. Le cours du baril de pétrole a d'ailleurs franchi à nouveau la barre symbolique des 100 dollars cette semaine.
Une position diplomatique sous tension
Malgré la fermeté de son discours sur la sécurité régionale, le président iranien a tenu à tempérer les craintes d'une escalade militaire. Massoud Pezeshkian a affirmé que son pays ne souhaitait ni la guerre ni son prolongement, qualifiant la paix de priorité nationale. Cette posture diplomatique, affichée lors d'un sommet international majeur, tente de concilier la défense des intérêts stratégiques iraniens avec une volonté affichée de désescalade, bien que la réalité du terrain reste marquée par des saisies de matériel militaire, comme celle d'un drone sous-marin américain, et des frappes régulières sur les côtes.