Le président du Conseil de la concurrence marocain veut libérer les honoraires médicaux et rendre publics prix et qualité des cliniques

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 19 lectures
Le président du Conseil de la concurrence marocain veut libérer les honoraires médicaux et rendre publics prix et qualité des cliniques

Ahmed Rahhou, président du Conseil de la concurrence, a présenté, lors d’une conférence à Marrakech, un plan visant à séparer le montant remboursé par l’État du prix facturé par les médecins et à publier des indicateurs de qualité des établissements de santé. Cette proposition, qui s’inscrit dans le débat plus large sur la réforme du système de santé marocain, vise à offrir aux patients une meilleure visibilité sur le coût et la qualité des soins.

Une grille tarifaire figée depuis 2006

Selon Rahhou, la grille tarifaire en vigueur a été établie en 2006 et n’a jamais été révisée. Il estime que ce cadre rigide ne reflète plus la diversité des pratiques, des niveaux d’expérience et des coûts réels des cliniques. Pour le président du Conseil, la convention actuelle est donc insuffisante et nécessite une mise à jour afin de tenir compte des évolutions du secteur médical.

Libérer les honoraires et laisser jouer l’offre et la demande

Le cœur de la proposition consiste à permettre à chaque praticien de fixer librement ses honoraires, tout en indiquant clairement le plafond de remboursement de l’État. Rahhou s’appuie sur le principe de l’offre et de la demande : un médecin dont les tarifs sont jugés excessifs verrait sa patientèle diminuer et serait incité à s’ajuster. Il souligne également que l’éthique professionnelle devrait limiter les dérives, les médecins et pharmaciens « n’exagèreront pas » selon lui. Le modèle s’inspire d’une comparaison avec l’enseignement privé, où l’uniformisation des frais a, selon lui, entraîné une baisse de la qualité.

Transparence des prix et publication des indicateurs de qualité

Rahhou insiste sur le fait que la simple connaissance du prix remboursé ne suffit pas si la qualité des soins reste opaque. Il propose de rendre publiques des informations simples mais essentielles : état du plateau technique, modernité des équipements, qualité de l’accueil, services de restauration et prise en charge des accompagnateurs. Cette transparence permettrait aux patients de choisir en connaissance de cause, évitant ainsi les situations où le prix est connu mais la qualité reste un « facteur de risque ».

Vers un contrôle partagé entre l’État et les cliniques

Conscient que l’État ne peut pas assurer un contrôle exhaustif, Rahhou envisage la création d’un corps de contrôleurs financés par les cliniques elles‑mêmes, à l’image des commissaires aux comptes qui vérifient les comptes des entreprises. Ces contrôleurs seraient soumis à des normes garanties par l’État, assurant ainsi une surveillance indépendante tout en limitant les coûts pour les services publics. L’objectif, selon le président du Conseil, est de rétablir l’équilibre entre prix connus et qualité affichée, laissant le marché jouer son rôle tout en protégeant l’intérêt public.

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