Le président américain Donald Trump a annoncé son intention de signaler la journaliste de NBC, Kristen Welker, à la Federal Communications Commission (FCC). Cette démarche, visant une potentielle sanction administrative, s'inscrit dans une stratégie plus large de confrontation entre l'administration actuelle et les grands réseaux de télévision américains.
Un conflit autour de la couverture électorale
La menace présidentielle fait suite à une analyse de Kristen Welker, présentatrice de l'émission Meet the Press, qualifiant les résultats des candidats soutenus par Donald Trump lors des primaires de « résultats mitigés ». En réaction, le chef de l'État a contesté cette interprétation sur le réseau social Truth Social, affirmant, sans fournir de preuves documentées, qu'un taux de 98 % de ses candidats soutenus avaient remporté leurs élections. Il a justifié son recours au régulateur par ce qu'il qualifie d'« inexactitude délibérée » diffusée sur des ondes publiques.
La FCC au cœur des tensions institutionnelles
L'utilisation de la FCC comme levier de pression contre les médias devient un point de friction majeur. Récemment, le groupe Disney, propriétaire d'ABC News, a engagé des poursuites contre le régulateur, dénonçant une révision anticipée des licences de ses stations locales comme une mesure de représailles politiques. Cette tendance à l'instrumentalisation des instances de régulation inquiète les organisations de défense de la liberté de la presse, qui observent une dégradation constante du classement des États-Unis dans les index internationaux sur la liberté d'informer.
Multiplication des procédures judiciaires
Au-delà de la FCC, l'administration Trump multiplie les actions contre les organes de presse. Le président a déposé plusieurs plaintes en diffamation réclamant des milliards de dollars à des institutions comme le New York Times, le Wall Street Journal ou la BBC. Parallèlement, le ministère de la Justice a tenté à plusieurs reprises de contraindre des journalistes à révéler leurs sources confidentielles, notamment dans le cadre d'enquêtes sur la sécurité nationale. Si certains juges fédéraux ont rejeté ces tactiques en invoquant le Premier amendement de la Constitution, la multiplication de ces pressions judiciaires et administratives marque une période de tension inédite pour le journalisme aux États-Unis.