Le député Thierno Alassane Sall, ancien ministre de l’énergie, accuse le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye de consacrer du temps à l’organisation privée Kiiraay au détriment de dossiers stratégiques comme le gisement gazier Yaakaar‑Teranga, essentiel au programme "Gas to Power".
Kiiraay au premier plan : une priorité contestée
Dans un message publié sur le réseau X, Thierno Alassane Sall met en doute la sincérité du « Diomayisme » qui, selon lui, masque une « ruée vers le gâteau Sénégal ». Il estime que les rencontres liées à Kiiraay entraînent un coût pour l’État et soulève des soupçons d’arrangements autour de postes et d’avantages matériels, rappelant la « transhumance politique » observée sous les précédents régimes.
Le gisement Yaakaar‑Teranga négligé
Sall critique également la gestion du gisement gazier de Yaakaar‑Teranga, dont l’exploitation est censée soutenir le programme national "Gas to Power" et contribuer à la baisse du prix de l’électricité prévue dans l’Agenda 2050. Il cite des propos attribués à l’ancien conseiller Al Aminou Lô, selon lesquels le président ne se serait jamais penché sur le calendrier de mise en production, les difficultés avec l’opérateur Kosmos Energy, ni sur un plan de repli en cas de retrait de ce dernier.
Absence de suivi au Conseil des ministres
Le député souligne que, malgré l’importance stratégique du dossier, aucune discussion n’aurait eu lieu en Conseil des ministres, désormais réuni tous les quinze jours. Il rappelle que même le Premier ministre Ousmane Sonko a évoqué le projet sans que le président n’en assure la vigilance, ce qui, selon Sall, montre une maîtrise plus fine des rapports de force électoraux locaux que des dossiers structurants de la République.
Conséquences pour la transformation du pays
Si le retard du projet Yaakaar‑Teranga persiste, les objectifs de réduction du coût de l’électricité et de diversification énergétique, piliers de la transformation prévue pour 2050, risquent d’être compromis. Les critiques de Sall appellent ainsi à un recentrage des priorités présidentielles sur les enjeux économiques et énergétiques, au détriment d’activités perçues comme relevant davantage du champ politique et électoral.