Le président des Maldives, Mohamed Muizzu, a officiellement sollicité le Premier ministre britannique Andy Burnham pour exiger la réouverture des discussions concernant la souveraineté de l'archipel des Chagos. Cette démarche intervient alors que le transfert de ces territoires à Maurice, acté sous le précédent gouvernement britannique, fait l'objet de vives contestations diplomatiques et stratégiques.
Une revendication fondée sur la proximité géographique
Dans un courrier adressé au chef du gouvernement britannique, le président Muizzu exprime sa profonde déception face à l'absence de consultation des Maldives lors des négociations menées par l'ancien Premier ministre Keir Starmer. Le gouvernement maldivien justifie sa position par des liens historiques et une proximité géographique indéniable, l'archipel se situant à environ 500 kilomètres des côtes maldiviennes, soit une distance quatre fois inférieure à celle séparant les Chagos de Maurice. Le président souligne également l'implication historique de son pays dans les initiatives de conservation marine et de recherche scientifique dans cette zone de l'océan Indien.
L'enjeu stratégique de la base de Diego Garcia
Au cœur de ce différend se trouve l'île de Diego Garcia, qui abrite une base militaire conjointe entre le Royaume-Uni et les États-Unis. Ce site, pivot stratégique entre l'Asie et l'Afrique, fait l'objet d'un bail de 99 ans. Si l'accord initial conclu en 2025 prévoyait le transfert de souveraineté à Maurice tout en garantissant le maintien de la base, le projet a été suspendu en avril dernier. Cette mise en pause fait suite à une opposition marquée de l'administration américaine, le président Donald Trump ayant publiquement critiqué les modalités de cet accord.
La position ferme du Foreign Office
Face à cette nouvelle pression diplomatique, le ministère britannique des Affaires étrangères a réitéré sa position initiale. Selon un porte-parole, la question de la souveraineté sur l'archipel des Chagos demeure une affaire strictement bilatérale entre Londres et Port-Louis. Le gouvernement britannique justifie ainsi le choix d'avoir engagé des négociations exclusives avec Maurice dès 2022, excluant de facto les Maldives du processus de transfert. La situation reste toutefois incertaine, alors que Maurice continue de réaffirmer sa volonté de recouvrer la pleine souveraineté sur l'ensemble de l'archipel.