Face à la désaffection croissante des jeunes pour le secteur agricole, Prince Amoako Atta, président du conseil des représentants des étudiants (SRC) de l'Université des études agricoles et environnementales (UCAES), plaide pour une revalorisation du métier d'agriculteur. Il souligne que le développement économique du Ghana dépend intrinsèquement de la modernisation des pratiques agricoles et de la préservation des écosystèmes nationaux.
Désintérêt des jeunes et menaces environnementales
Le secteur agricole, qui emploie pourtant plus de 40 % de la population ghanéenne, souffre d'une image dégradée auprès des nouvelles générations. Selon Prince Amoako Atta, ce désintérêt est exacerbé par des facteurs structurels et environnementaux majeurs, notamment la déforestation et l'expansion de l'exploitation minière illégale, connue sous le nom de « galamsey ». Ces pratiques compromettent non seulement la viabilité des terres arables, mais renforcent également la perception erronée que l'agriculture serait une activité peu attractive et archaïque.
L'agribusiness comme levier de transformation technologique
Pour inverser cette tendance, le représentant étudiant appelle à une rupture avec les méthodes traditionnelles. En citant l'exemple californien, il démontre que l'investissement dans la technologie, la biotechnologie et l'agribusiness peut générer une croissance économique significative. L'enjeu est de transformer la perception du travail agricole en mettant en avant les opportunités offertes par l'ensemble de la chaîne de valeur, où l'innovation remplace progressivement les outils manuels rudimentaires.
Soutien institutionnel et souveraineté alimentaire
Au-delà de l'engagement individuel, le président du SRC interpelle les autorités publiques sur la nécessité de faire de l'agriculture et de la protection de l'environnement des priorités nationales. Il insiste particulièrement sur le rôle des institutions spécialisées, y compris privées, dans la formation des futurs experts du secteur. Selon lui, le gouvernement doit accroître son soutien à ces établissements pour renforcer les compétences techniques des jeunes, condition sine qua non pour faire du Ghana un pôle alimentaire majeur et bâtir une économie résiliente face aux défis climatiques.