Le président des Émirats arabes unis, Cheikh Mohamed bin Zayed Al Nahyan, a officiellement gracié l'activiste et poète égyptien Abdul Rahman al-Qaradawi. Cette décision intervient quelques jours seulement après la condamnation de l'intéressé par la justice émiratie à une peine de dix ans d'emprisonnement.
Une condamnation pour atteinte à la sécurité
Abdul Rahman al-Qaradawi, fils du célèbre érudit religieux Yusuf al-Qaradawi, avait été reconnu coupable par la division cybercriminalité de la Cour d'appel fédérale d'Abou Dabi le 27 août dernier. Les autorités l'accusaient d'avoir mené des activités visant à « troubler et saper la sécurité publique ». Outre la peine privative de liberté, le tribunal avait assorti sa condamnation d'une amende de 200 000 dirhams, soit environ 55 000 dollars.
Un parcours judiciaire sous haute tension
L'affaire avait débuté par une arrestation au Liban en décembre 2024, motivée par un mandat émis par le Conseil des ministres arabes de l'Intérieur. Malgré les inquiétudes exprimées par sa famille, qui alertait sur les risques encourus en cas d'extradition, le Liban avait validé son transfert vers les Émirats arabes unis en janvier 2025. Cette procédure avait suscité une vive mobilisation internationale, des experts des Nations unies et diverses organisations de défense des droits humains dénonçant une arrestation liée à l'exercice de la liberté d'expression.
La mise en œuvre de la grâce présidentielle
L'agence de presse officielle des Émirats arabes unis, WAM, a confirmé vendredi que les procédures nécessaires à l'application de cette mesure de clémence présidentielle étaient en cours. Si la libération effective d'Abdul Rahman al-Qaradawi n'a pas été explicitement confirmée à ce stade, l'annonce officielle marque un tournant dans ce dossier qui cristallise les tensions entre les autorités émiraties et les figures critiques de la région. Le poète, dont le père fut une figure influente du printemps arabe, reste une personnalité dont le sort est suivi de près par les observateurs des libertés publiques au Moyen-Orient.