Face aux débats sur la transparence des biens saisis par l'État, le président de la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC), Ola Olukoyede, a réaffirmé son engagement à garantir une gestion rigoureuse des actifs recouvrés. Il s'oppose fermement à la création d'une agence centrale unique, jugeant ce modèle inefficace au regard de la réalité administrative nigériane.
L'échec des modèles centralisés à l'étranger
Pour justifier sa position, Ola Olukoyede s'appuie sur des exemples internationaux où la centralisation de la gestion des avoirs a échoué. Il cite notamment le cas du Royaume-Uni, où une tentative similaire a engendré un coût de 34 millions de livres sterling avant d'être abandonnée en moins d'un an, ainsi que l'expérience sud-africaine, qui n'a duré que 16 mois. Selon lui, ces précédents démontrent que la concentration des pouvoirs ne garantit ni l'efficacité, ni l'économie de moyens.
La complexité logistique du terrain nigérian
Le président de l'EFCC souligne que le Nigeria compte plus de 20 agences statutaires habilitées à recouvrer des actifs. La police nigériane, par exemple, dispose de divisions et de postes sur l'ensemble du territoire, rendant techniquement impossible la centralisation de la gestion de ses saisies par une entité unique. Il rappelle également les déboires de la Société de gestion des actifs du Nigeria (AMCON), dont le modèle de gestion centralisée aurait entraîné des pertes dépassant les 5 000 milliards de nairas pour l'État.
Le cadre légal comme levier de transparence
Plutôt qu'une restructuration institutionnelle, M. Olukoyede préconise une application stricte de la loi sur le produit du crime (POCA) et de la section 31 de la loi sur l'EFCC. Ce cadre impose à chaque agence de rendre compte des avoirs saisis dans le cadre de ses missions spécifiques. Le responsable assure que l'EFCC applique déjà cette rigueur, publiant les détails de ses recouvrements sur son site internet dans les 24 heures et soumettant régulièrement ses rapports annuels à l'Assemblée nationale.