Le président de l'Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a formellement contesté la démarche adoptée par la Primature et la présidence de la République concernant l'organisation de la Déclaration de politique générale (DPG). Par le biais d'un communiqué, le Bureau de l'Assemblée a dénoncé des irrégularités procédurales, réaffirmant ainsi la souveraineté du pouvoir législatif sur son propre calendrier institutionnel.
Une remise en cause des compétences de l'Exécutif
Le conflit porte sur la gestion du calendrier entourant la DPG du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo. Alors que la Primature avait proposé une date pour cet exercice parlementaire et que le chef de l'État avait pris un décret pour convoquer une session extraordinaire, le Bureau de l'Assemblée a souligné une méconnaissance des procédures. Selon Ousmane Sonko, le Premier ministre n'avait pas la qualité requise pour fixer unilatéralement une date par simple correspondance, cette prérogative incombant au président de la République dans le respect de délais stricts.
Le respect des délais légaux et constitutionnels
Le Bureau de l'Assemblée nationale a rappelé que la loi organique n° 2025-11 du 18 août 2025 impose un délai de préavis de huit jours, lequel ne peut débuter qu'après l'ouverture effective de la session extraordinaire. Par conséquent, aucune date ferme pour la DPG ne pouvait être validée avant cette ouverture. Le 1er septembre, date initialement prévue pour le grand oral, sera désormais exclusivement consacré à l'ouverture de la session et à la vérification du quorum, conformément aux dispositions constitutionnelles.
La maîtrise du calendrier parlementaire
Cette intervention marque une volonté claire de l'Assemblée nationale de reprendre la main sur son agenda. Désormais, c'est la Conférence des Présidents, sous l'autorité d'Ousmane Sonko, qui devra se réunir pour fixer la date réelle de la séance plénière dédiée à la DPG. Ce rappel à l'ordre procédural intervient dans un contexte politique scruté, où les relations entre l'actuel Premier ministre et le président de l'Assemblée, ancien titulaire du poste, font l'objet d'une attention particulière. La date exacte de ce premier grand oral parlementaire reste, à ce stade, en suspens.