Face à la découverte macabre de sept corps de femmes dans la zone de Kempton Park, au nord-est de Johannesburg, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a ordonné une mobilisation prioritaire des forces de sécurité. Cette série de meurtres, survenus au cours des deux derniers mois, ravive les inquiétudes sur la sécurité des femmes dans un pays où les taux de violence sexiste figurent parmi les plus élevés au monde.
Une enquête complexe sur sept décès
La police sud-africaine a confirmé que sept corps ont été retrouvés dans un périmètre restreint, la plupart présentant des signes de nudité. Si les autorités privilégient pour l'instant la piste d'un groupe d'auteurs ou d'un phénomène de crimes par imitation, aucun lien formel n'a été établi avec un tueur en série unique. Une personne a été placée en garde à vue suite à la découverte du premier corps en juillet, mais les investigations se poursuivent pour identifier les victimes, dont seules deux ont été nommées à ce jour, incluant la coureuse Elizabeth Moselakgomo, portée disparue la semaine dernière.
La réponse des autorités face à l'insécurité
Le chef de l'État a promis que « tous les moyens seront mis en œuvre » pour traduire les responsables en justice, qualifiant ces actes de menaces directes pour la paix sociale. La police de la province de Gauteng a intensifié ses patrouilles et a émis des recommandations de prudence, exhortant les habitantes de Kempton Park à éviter les zones isolées, notamment lors de leurs déplacements quotidiens. Cette consigne souligne la fragilité de la liberté de mouvement des femmes dans la région, alors que les découvertes de corps se sont multipliées ces derniers jours, dont une victime retrouvée près d'un centre commercial.
Un enjeu de société majeur
La Commission sud-africaine pour l'égalité des sexes a vivement réagi, rappelant que les femmes sud-africaines évoluent dans un environnement où les activités les plus banales, comme le sport ou le trajet domicile-travail, peuvent devenir mortelles. Avec un taux de féminicides cinq fois supérieur à la moyenne mondiale selon ONU Femmes, ces événements cristallisent une colère citoyenne croissante contre l'incapacité des autorités à garantir la protection des citoyennes. La pression est désormais forte sur les services de police pour identifier les auteurs et restaurer un sentiment de sécurité dans les communautés locales.