Le président burundais Évariste Ndayishimiye, s'exprimant en sa qualité de chef d'État et de président en exercice de l'Union africaine, a qualifié d'impasse la situation sécuritaire dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC). Il pointe l'absence de signes concrets de désengagement des forces rwandaises, tout en réfutant les justifications avancées par Kigali concernant la présence des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).
La remise en cause des justifications de Kigali
Pour le chef de l'État burundais, l'argument sécuritaire invoqué par le Rwanda pour justifier sa présence militaire en territoire congolais n'est qu'un prétexte. Alors que Kigali accuse Bujumbura de coaliser avec les FDLR, Ndayishimiye rejette ces allégations, affirmant que les actions du Rwanda contredisent ses discours officiels. Cette position est renforcée par les rapports du Groupe d'experts des Nations unies, qui n'ont pas établi de collaboration entre l'armée burundaise et les FDLR, tout en documentant la présence de milliers de soldats rwandais au Sud et au Nord-Kivu.
Un climat de méfiance bilatérale
Au-delà du théâtre congolais, les relations entre Bujumbura et Kigali restent marquées par un contentieux persistant lié à la tentative de coup d'État de 2015 au Burundi. Évariste Ndayishimiye accuse son homologue Paul Kagame de malhonnêteté, affirmant que ce dernier n'a pas tenu sa promesse de remettre aux autorités burundaises les auteurs présumés du putsch réfugiés au Rwanda. Cette tension diplomatique, couplée à la fermeture prolongée des frontières, complique toute perspective de normalisation.
Le choix du dialogue face aux sanctions
Malgré la pression internationale et les sanctions imposées par Washington à l'encontre de certains officiers rwandais, le président burundais privilégie la voie du dialogue. Il estime que les sanctions économiques pénalisent avant tout les populations civiles sans infléchir les décisions des autorités. En tant que médiateur, il maintient que la résolution du conflit dans l'est de la RDC dépend impérativement d'une volonté réelle de désengagement de la part du Rwanda, conformément aux attentes exprimées également par Kinshasa lors de la récente session de l'Assemblée générale des Nations unies.