Le paysage électoral sénégalais est marqué par une incertitude croissante à l'approche de la fin des mandats des élus locaux. L'absence de convocation du corps électoral par le président Bassirou Diomaye Faye, couplée à des projets de réformes structurelles d'envergure, rend désormais le report des scrutins municipaux et départementaux hautement probable.
L'absence de convocation du corps électoral
À moins de six mois de l'échéance, le calendrier électoral demeure en suspens. Le chef de l'État n'a toujours pas signé le décret de convocation du corps électoral, ni celui relatif à la révision des listes électorales. Cette situation place le pays dans une configuration similaire aux précédents historiques, où les régimes successifs ont régulièrement eu recours à la prorogation des mandats des élus locaux pour ajuster les agendas politiques.
Réformes constitutionnelles et référendum
Au-delà de la simple gestion du calendrier, le pouvoir exécutif ambitionne de soumettre à référendum plusieurs textes législatifs majeurs. Ces projets incluent la création d'une Commission électorale nationale indépendante (Céni), une nouvelle loi organique sur la Cour constitutionnelle et une refonte du cadre juridique des partis politiques. La mise en œuvre de ces réformes constitutionnelles nécessite une réorganisation du calendrier qui rend la tenue des élections locales dans les délais initiaux techniquement complexe.
La restructuration profonde de l'Acte 4 de la décentralisation
Un autre facteur déterminant est le projet de l'Acte 4 de la décentralisation, dont l'entrée en vigueur est programmée pour la période 2026-2027. Ce chantier ambitieux prévoit une réduction drastique du nombre de collectivités territoriales, visant à faire passer le nombre de communes de 554 à 252 par un processus de fusion. Ces échanges, menés entre le ministère des Collectivités territoriales, la présidence et les élus locaux, soulignent la volonté de transformer en profondeur l'administration du territoire. La complexité logistique et administrative de cette restructuration constitue un levier supplémentaire justifiant, aux yeux de l'exécutif, un décalage des joutes électorales locales.