En marge de la 81e Assemblée générale des Nations unies à New York, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a reçu Andrew Inglis, PDG de Kosmos Energy. Cette rencontre stratégique marque une volonté de normalisation des relations après le retrait contesté de la compagnie américaine du bloc de Yakaar-Teranga au printemps 2026.
Le tournant de Yakaar-Teranga
La relation entre Dakar et Kosmos Energy a été marquée par une période de fortes tensions. En décembre 2025, le gouvernement avait évoqué une possible nationalisation du gisement de Yakaar-Teranga, reprochant à l'opérateur de freiner le développement du projet tout en réclamant des royalties. Ce bras de fer a abouti, le 22 avril 2026, à un accord de retrait de la compagnie américaine sans contrepartie financière pour l'État sénégalais. Ce dénouement, salué à l'époque par les autorités comme une victoire de la renégociation contractuelle, a redéfini le rapport de force entre le pays et ses partenaires extractifs.
L'avenir du projet Grand Tortue Ahmeyim
Malgré ce retrait, Kosmos Energy demeure un partenaire central du projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA), partagé avec la Mauritanie. Alors que la première phase de production est opérationnelle depuis fin 2024, les discussions portent désormais sur la phase « 1+ ». L'enjeu est crucial pour le Sénégal : il s'agit d'utiliser les infrastructures existantes pour alimenter le marché domestique, notamment la centrale électrique en construction près de Saint-Louis. Des accords de principe sur ces ventes de gaz sont attendus pour 2026, faisant de cette rencontre new-yorkaise une étape préparatoire aux décisions d'investissement à venir.
Exigences de transparence et contenu local
Lors de cet entretien, le chef de l'État a réitéré la doctrine de son administration : l'exploitation des ressources naturelles doit impérativement s'accompagner de transparence et d'un partage équitable des bénéfices. Le président a insisté sur la nécessité de renforcer le contenu local, en intégrant davantage les entreprises et les compétences sénégalaises dans la chaîne de valeur énergétique. Pour Dakar, l'objectif est de transformer le secteur des hydrocarbures en un levier d'industrialisation et de création de valeur ajoutée nationale, dépassant la simple extraction de matières premières. Cette audience confirme que si le Sénégal maintient sa volonté de collaboration, celle-ci s'inscrit désormais dans un cadre strict imposé par les nouvelles priorités économiques du pays.