Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a officiellement installé le Conseil consultatif des Jeunes, marquant une volonté politique de placer la nouvelle génération au cœur de la gouvernance. À cette occasion, le chef de l'État a lancé un appel à la souveraineté technologique, exhortant les jeunes à ne pas se limiter à une consommation passive des outils numériques mondiaux.
L'impératif d'une souveraineté technologique
Face à l'omniprésence de l'intelligence artificielle, le président Faye a mis en garde contre les risques d'une dépendance intellectuelle. Selon lui, les algorithmes actuels, conçus à l'étranger, véhiculent des valeurs et des langues qui ne sont pas celles du Sénégal. Il a souligné que se contenter de consommer ces technologies revient à confier à autrui le soin de penser pour le pays. L'enjeu est donc de former des ingénieurs, des linguistes et des entrepreneurs capables de concevoir des outils adaptés aux réalités locales, intégrant les langues nationales et les valeurs sénégalaises.
Anticiper les mutations du marché du travail
Le chef de l'État a reconnu que l'IA va bouleverser le paysage professionnel, rendant certains métiers obsolètes tout en en créant de nouveaux. Plutôt que de craindre cette transition, il encourage la jeunesse à se positionner comme actrice de cette transformation. En rappelant l'exemple récent du satellite conçu par de jeunes ingénieurs sénégalais, il a illustré la capacité du pays à s'approprier les sciences de pointe. Cette vision s'inscrit dans une volonté de préparer les jeunes à des carrières que les systèmes éducatifs actuels ne couvrent pas encore totalement.
Le Conseil consultatif comme espace de dialogue
L'installation de ce Conseil, actée par le décret du 5 décembre 2025, répond à une promesse présidentielle de rompre avec les décisions prises sans concertation avec la jeunesse. Le président Faye a comparé cette instance au « pénc » traditionnel, un espace de délibération collective où les jeunes ne sont plus de simples spectateurs, mais des participants actifs. Cette structure vise à restaurer un dialogue direct entre l'État et les nouvelles générations, tout en reconnaissant que le monde actuel évolue à une vitesse inédite, nécessitant une agilité constante dans la prise de décision publique.