Le Premier ministre sénégalais, Ahmadou Al Aminou Lô, s'apprête à présenter sa déclaration de politique générale devant l'Assemblée nationale. Ce rendez-vous institutionnel crucial intervient dans un climat social tendu, marqué par des manifestations contre la vie chère et une exigence de transparence sur la gestion des finances publiques.
La gestion de la dette au cœur des priorités
Le gouvernement fait face à une situation budgétaire complexe après la réévaluation du ratio dette-PIB, passé de 74,4 % à 118,8 % fin 2024. Cette révision substantielle a conduit le Fonds monétaire international (FMI) à préconiser un audit approfondi, désormais confié au cabinet international Forvis Mazars. Le chef du gouvernement est attendu sur sa stratégie de restructuration de la dette et sur les négociations en cours avec les créanciers pour alléger le poids des remboursements sur le budget national.
L'accord avec le FMI et les arbitrages budgétaires
Au centre des discussions figure l'accord de principe conclu avec le FMI, portant sur un financement de 1 243 milliards de francs CFA, soit plus de 2 milliards de dollars. La population et les observateurs économiques attendent des précisions sur l'affectation de ces ressources et sur les secteurs qui feront l'objet d'économies budgétaires. Cette feuille de route doit permettre de concilier les exigences de rigueur financière imposées par les bailleurs de fonds avec les besoins immédiats des citoyens en matière de pouvoir d'achat.
Un test politique à l'Assemblée nationale
La présentation de cette feuille de route constitue un moment charnière pour l'exécutif. Le Premier ministre s'expose à un vote de confiance dans un hémicycle où le Pastef, parti d'Ousmane Sonko, occupe une place prépondérante. La capacité d'Ahmadou Al Aminou Lô à convaincre les députés sur ses choix économiques déterminera la stabilité de son action gouvernementale dans les mois à venir, alors que la pression de la rue s'accentue sur la question du coût de la vie.