Le Premier ministre sénégalais, Ahmadou Al Aminou Lô, a tenu à rassurer la représentation nationale sur la nature de l'accord conclu avec le Fonds monétaire international (FMI). Devant les députés, le chef du gouvernement a martelé que les engagements pris par l'État ne compromettent en rien les intérêts stratégiques du pays, tout en s'inscrivant dans la vision de l'Agenda national Sénégal 2050.
Quatre piliers pour la stabilisation macroéconomique
Le programme négocié avec l'institution financière internationale repose sur une stratégie articulée autour de quatre axes majeurs. La priorité est donnée au rétablissement de la stabilité macroéconomique et à la viabilité de la dette publique, afin de placer les finances de l'État sur une trajectoire soutenable. Le second axe vise à réduire les vulnérabilités budgétaires et extérieures, décrites par le Premier ministre comme des brèches à colmater pour renforcer la résilience de l'économie nationale.
Priorité aux dépenses sociales et protection des vulnérables
Une attention particulière est portée à la dimension sociale de cet accord. Le gouvernement souligne que les programmes actuels du FMI intègrent désormais une protection accrue pour les populations les plus précaires. Ahmadou Al Aminou Lô a rappelé que 40 % des Sénégalais sont considérés comme vulnérables, une donnée centrale qui doit primer dans l'arbitrage des dépenses publiques. Cette approche se veut une rupture avec les politiques d'ajustement structurel des décennies passées, dont les coûts sociaux avaient été particulièrement lourds pour les ménages.
Le secteur privé comme moteur de la croissance durable
Le quatrième volet de cette feuille de route mise sur le secteur privé pour impulser une croissance durable. Une fois les déséquilibres budgétaires corrigés, les autorités entendent faire des entreprises locales le principal levier de la relance économique. Le Premier ministre a insisté sur le fait que ces mesures ne sont pas imposées de l'extérieur, mais constituent des instruments de redressement alignés avec les objectifs de développement définis par le Sénégal lui-même. Pour garantir la compréhension de ces mécanismes complexes, le chef du gouvernement a alterné entre le français et le wolof lors de son intervention devant l'Assemblée.