Lors de la Déclaration de politique générale, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô a déclaré que le Sénégal était en « ajustement structurel », soulignant une croissance prévue de 2,5 % et un recours important aux financements à court terme, estimés à 60 % du budget. Cette situation s’inscrit dans un contexte de tensions budgétaires accrues et de dégradation de la note souveraine par l’agence S&P.
Une croissance limitée à 2,5 % au cœur du débat économique
Le gouvernement a présenté le taux de croissance de 2,5 % comme le principal indicateur de la fragilité de l’économie sénégalaise. Ce chiffre, inférieur aux objectifs de relance affichés lors des précédentes réunions de planification, reflète la contraction de l’activité dans plusieurs secteurs clés. Le Premier ministre a rappelé que cette performance économique restreinte limite la capacité de l’État à générer des recettes fiscales suffisantes pour financer ses priorités.
Financements à court terme : un recours qui atteint 60 % du budget
Face à la faiblesse des recettes, le gouvernement a dû recourir massivement aux financements à court terme, qui représentent désormais 60 % du budget national. Cette dépendance expose le pays à des coûts d’emprunt plus élevés et à une vulnérabilité accrue aux variations des marchés financiers. Le Premier ministre a souligné que cet équilibre précaire nécessite une révision des politiques de dette afin d’éviter un endettement excessif à long terme.
Suspension de projets publics et conséquences de la note souveraine dégradée
En raison des contraintes budgétaires, plusieurs projets publics ont été arrêtés, affectant notamment les infrastructures de transport et les programmes sociaux en cours. Cette décision intervient peu après la dégradation de la note souveraine du Sénégal par S&P, un signal qui renforce la perception de risque pour les investisseurs étrangers. Le gouvernement doit désormais concilier la nécessité de soutenir la croissance avec la pression exercée par les agences de notation, tout en cherchant des solutions pour relancer les projets suspendus sans alourdir davantage le fardeau de la dette.