Le Premier ministre du Sénégal, Ahmadou Alhaminou Lô, a déclaré que l’État doit s’acquitter de 1 956 milliards de francs CFA d’arriérés afin de débloquer la trésorerie des entreprises et de restaurer la confiance des acteurs économiques.
Un montant record d’arriérés qui pèse sur le secteur privé
Selon les chiffres présentés par le chef du gouvernement, les retards de paiement accumulés par l’État s’élèvent à près de deux mille milliards de CFA. Cette dette publique, concentrée auprès d’entreprises dépendantes des marchés publics, a entraîné un ralentissement de l’activité, des difficultés de trésorerie et, dans certains cas, la suspension de projets d’investissement.
Le paiement progressif comme priorité gouvernementale
Le Premier ministre a placé le règlement de ces arriérés au cœur de son programme d’action. L’objectif affiché est de mettre en place un calendrier de versements échelonnés, afin de garantir la continuité des services publics tout en respectant les capacités budgétaires. Cette démarche vise à démontrer la volonté de l’État de tenir ses engagements financiers, tant envers les partenaires publics que privés, et à renforcer sa crédibilité sur le plan national et international.
Conséquences attendues sur le climat des affaires et le financement
Ahmadou Alhaminou Lô estime que le désengagement progressif de la dette publique pourra améliorer le climat des affaires en redonnant de la liquidité aux entreprises. Une trésorerie plus saine faciliterait l’accès au crédit, notamment grâce à des financements à court terme qui pourraient couvrir jusqu’à 60 % des besoins de trésorerie des acteurs économiques. En outre, la libération de ces fonds publics devrait encourager de nouveaux investissements privés, soutenir la pérennité des projets en cours et contribuer à la création d’emplois.
Enjeux macroéconomiques et perspectives
Le paiement des arriérés s’inscrit dans une stratégie plus large de stabilisation macroéconomique. En réduisant le fardeau de la dette envers le secteur privé, le gouvernement espère stimuler la croissance du PIB, renforcer la balance des paiements et améliorer la notation souveraine du pays. Toutefois, la mise en œuvre dépendra de la disponibilité des ressources budgétaires, de la discipline fiscale et de la capacité du Trésor à prioriser les versements sans compromettre d’autres dépenses publiques essentielles.