Lors de sa Déclaration de politique générale, le Premier ministre sénégalais Ahmadou Al Aminou Lô a fermement condamné la recrudescence des discours hostiles envers les étrangers. Le chef du gouvernement a réaffirmé l'attachement du pays à sa tradition d'hospitalité tout en soulignant la nécessité de concilier cette ouverture avec une gestion rigoureuse des flux migratoires.
La défense de l'identité sénégalaise ouverte
Pour le Premier ministre, la xénophobie est une dérive incompatible avec l'essence même de la nation sénégalaise. En s'appuyant sur son propre héritage familial, marqué par des racines en Mauritanie, il a rappelé que le métissage et la mobilité internationale font partie intégrante de l'histoire du pays. Il a souligné que la présence de la diaspora sénégalaise à travers le monde impose une cohérence morale : le Sénégal ne saurait prôner l'accueil de ses citoyens à l'étranger tout en rejetant ceux qui résident sur son propre sol.
Modernisation du contrôle aux frontières
Si le discours se veut inclusif, l'exécutif entend néanmoins renforcer la maîtrise des flux migratoires. Ahmadou Al Aminou Lô a reconnu une faille technique majeure : l'absence de déploiement complet du dispositif électronique de contrôle dans les postes frontaliers. Cette lacune empêche actuellement les autorités de suivre avec précision les entrées et de détecter les dépassements de la durée légale de séjour, fixée à trois mois. Le gouvernement a érigé la résolution de ce problème technique en priorité urgente pour assurer la sécurité du territoire.
L'équilibre entre hospitalité et respect des règles
Le Premier ministre a tenu à clarifier la position de l'État : la lutte contre la xénophobie ne signifie pas l'absence de régulation. Il a insisté sur l'obligation pour tout ressortissant étranger de se conformer strictement aux règles de séjour en vigueur au Sénégal. En distinguant clairement la nécessité de maintenir une société ouverte de l'exigence de sécurité publique, le gouvernement cherche à apaiser les tensions sociales tout en structurant davantage sa politique migratoire nationale.