Le Premier ministre malien, Abdoulaye Maïga, entame ce lundi 24 août 2026 une visite de travail à Alger, marquant une étape décisive dans la normalisation des relations entre Bamako et Alger. Porteur d'un message du président Assimi Goïta à son homologue Abdelmadjid Tebboune, le chef du gouvernement malien entend transformer les récents gestes d'apaisement en une coopération bilatérale durable et stratégique.
Une mission diplomatique de haut niveau
Ce déplacement dépasse le cadre protocolaire habituel pour s'inscrire dans une volonté affirmée de restaurer la confiance mutuelle. Après une période de tensions marquées par des fermetures d'espaces aériens et des rappels d'ambassadeurs, les deux États privilégient désormais le dialogue direct. Cette rencontre, organisée à l'invitation du Premier ministre algérien Sifi Ghrieb, vise à réactiver les mécanismes de concertation fondés sur le respect de la souveraineté et la non-ingérence, des principes désormais au cœur de l'agenda diplomatique entre les deux voisins sahéliens.
Relance des projets énergétiques structurants
Au-delà de la dimension politique, le rapprochement porte sur des enjeux économiques concrets, notamment dans le secteur des hydrocarbures. La feuille de route prévoit la redynamisation des activités du groupe algérien Sonatrach et de sa filiale SIPEX au Mali. L'objectif prioritaire est la reprise des travaux d'exploration et de forage sur le Bloc 20 du bassin de Taoudenni, une zone stratégique de 118 000 km² située à la frontière commune, dont l'exploitation avait été suspendue en raison de l'instabilité régionale.
Transfert de compétences et coopération technique
La coopération bilatérale s'étend également au renforcement des capacités institutionnelles maliennes. L'Algérie s'est engagée à accompagner l'Autorité pour la Promotion de la Recherche Pétrolière au Mali (AUREP) à travers un programme de transfert d'expertise. Ce volet inclut la formation technique des cadres maliens aux métiers du pétrole, une assistance pour l'évaluation des ressources énergétiques du sous-sol, ainsi que la mise en place de stratégies conjointes pour sécuriser l'approvisionnement et le stockage des produits pétroliers. Ce modèle de partenariat, similaire à celui développé entre Alger et Niamey, illustre la volonté des deux pays de bâtir une interdépendance économique comme levier de stabilité régionale.