Le Premier ministre irlandais, Micheal Martin, a officiellement pris position en faveur du sélectionneur national Heimir Hallgrimsson, visé par des attaques virulentes de la Fédération israélienne de football. Ce soutien intervient dans un climat de forte contestation sociale en Irlande concernant la tenue de deux rencontres sportives face à Israël dans le cadre de la Ligue des nations.
Une escalade verbale au sommet
La polémique a été déclenchée par des déclarations du technicien islandais Heimir Hallgrimsson, qui a affirmé que son équipe ne jouait pas « avec » Israël, mais « contre » ce qu'il a qualifié de « génocide ». En réaction, la Fédération israélienne a vivement dénoncé ces propos, les qualifiant d'hypocrites et d'ignorants. En marge de l'Assemblée générale de l'ONU, le chef du gouvernement irlandais a jugé cette réponse israélienne « inacceptable », exigeant son retrait et soulignant que les mots du sélectionneur font écho aux préoccupations réelles sur la situation humanitaire à Gaza.
La pression de la société civile irlandaise
La tenue de ces matchs cristallise une opposition croissante au sein de la population irlandaise. Plus de 160 sportifs ont officiellement signé une lettre ouverte réclamant le boycott pur et simple de ces confrontations. Des manifestations ont déjà été organisées dans les rues de Dublin, et d'autres rassemblements sont prévus pour exprimer le refus d'une normalisation sportive dans le contexte actuel du conflit.
Le dilemme de la Fédération irlandaise
Malgré les pressions internes, la Fédération irlandaise de football (FAI) se retrouve dans une impasse réglementaire. Bien qu'elle ait formellement demandé à l'UEFA, dès novembre 2025, la suspension d'Israël des compétitions internationales, cette requête est restée sans suite. La FAI justifie le maintien des matchs par la crainte de sanctions sportives et financières lourdes imposées par les instances européennes. Pour limiter les risques de troubles, les deux rencontres ont été délocalisées sur terrain neutre : le 27 septembre à Debrecen, en Hongrie, et le 4 octobre à Backa Topola, en Serbie.