Le Premier ministre du KwaZulu-Natal, Thami Ntuli, a fermement défendu sa décision de solliciter l'appui de l'armée nationale pour rétablir l'ordre à Durban. Cette intervention, qui fait suite à des débordements lors de manifestations, suscite des tensions au sein même de son parti, l'IFP.
Une intervention justifiée par le débordement des forces de l'ordre
Le déploiement des forces armées, effectif depuis samedi, répond selon Thami Ntuli à une situation critique où les services de police locaux se sont retrouvés dépassés par l'ampleur des violences. Le Premier ministre a précisé que cette mesure exceptionnelle visait à soutenir les forces de sécurité face à une escalade qui menaçait de s'étendre au-delà de la capitale provinciale. Il a notamment souligné que des actes de vandalisme, tels que des incendies de pneus, avaient déjà été signalés à Pietermaritzburg, témoignant d'une propagation rapide des troubles.
Divergences politiques au sein de l'IFP
La décision a été vivement contestée par Sizwe Sikhakhane, candidat au poste de maire adjoint et membre de l'IFP. Ce dernier a publiquement critiqué le recours aux militaires contre les citoyens, exprimant son désaccord lors d'un rassemblement au tribunal de Durban en soutien à trois militants arrêtés pour leur implication présumée dans les récentes émeutes. En réponse, Thami Ntuli a appelé à ne pas minimiser la menace que font peser ces violences sur la stabilité de la province, accusant ses détracteurs d'ignorer les risques réels de destruction de biens publics.
La distinction entre protestation et vandalisme
Tout en réaffirmant son attachement au droit constitutionnel de manifester pacifiquement, notamment sur les questions liées à l'immigration illégale, le chef de l'exécutif provincial a posé une ligne rouge claire. Pour Thami Ntuli, la destruction de biens privés et publics constitue un frein majeur au développement économique du KwaZulu-Natal. Il a réitéré son engagement à protéger l'intégrité de la province, affirmant que l'usage de la force publique est une nécessité pour prévenir un chaos plus vaste et préserver l'ordre social face à des mouvements qui, selon lui, dévient de leurs revendications initiales pour basculer dans la criminalité.