Le Premier ministre algérien, Sifi Ghrieb, a entamé ce lundi 14 septembre une visite officielle à Bamako, marquant une étape décisive dans la volonté affichée par Alger et Bamako de normaliser leurs relations. Ce déplacement, qui fait suite à la visite du Premier ministre malien Abdoulaye Maïga à Alger le 24 août dernier, vise à restaurer une coopération stratégique entre les deux voisins sahéliens après plus d'un an de rupture diplomatique.
Un agenda centré sur le dialogue au sommet
Lors de son séjour, Sifi Ghrieb doit être reçu par le président de la transition malienne, le général Assimi Goïta. Ces échanges au plus haut niveau font suite aux séances de travail tenues fin août entre les deux chefs de gouvernement. La dynamique actuelle confirme la volonté des deux capitales de dépasser les blocages récents et de réactiver les canaux de communication officiels, essentiels pour la gestion de leur frontière commune longue de plus de 1 300 kilomètres.
La résolution de la crise frontalière
La dégradation des relations entre les deux pays avait atteint un point critique en avril 2025, à la suite de la destruction d'un drone malien par l'armée algérienne près de la localité frontalière de Tin Zaoutine. Alger avait alors justifié son intervention par une violation de son espace aérien, une version formellement contestée par Bamako. Cet incident avait entraîné une escalade diplomatique marquée par le rappel des ambassadeurs et la fermeture réciproque des espaces aériens, gelant ainsi les échanges politiques et sécuritaires entre les deux nations.
Vers une reprise de la coopération bilatérale
Le rapprochement en cours, illustré par ces visites croisées, témoigne d'une volonté commune de tourner la page. Pour les deux pays, l'enjeu est de rétablir une collaboration stable sur des dossiers sécuritaires, économiques et politiques cruciaux pour la stabilité de la région. Si le dialogue direct est désormais rétabli, la réussite de cette normalisation dépendra de la capacité des deux gouvernements à stabiliser durablement leurs relations de voisinage et à prévenir de nouveaux incidents aux zones frontalières.