Lors de sa déclaration de politique générale devant l'Assemblée nationale, le Premier ministre sénégalais Al Aminou Lo a marqué les esprits en condamnant fermement la montée des discours xénophobes dans le pays. Au-delà de cette prise de position, le chef du gouvernement a présenté une lecture lucide de la situation économique nationale, tout en évitant de solliciter un vote de confiance des députés.
Une réponse ferme aux discours nationalistes
Le Premier ministre a profité de son intervention pour dénoncer les intimidations visant les ressortissants de la sous-région vivant au Sénégal. En affirmant que « cela doit cesser », Al Aminou Lo a rappelé les liens historiques et familiaux unissant les populations sénégalaises à leurs voisins. Cette déclaration constitue une réponse implicite aux positions du député Tahirou Sarr, qui multiplie les critiques contre la présence de commerçants étrangers, notamment guinéens, nigériens, sierra-léonais et maliens. Si ces thèses nationalistes restent marginales au sein de la classe politique, elles faisaient l'objet d'une pression croissante de la part de la société civile qui exigeait une clarification des autorités.
Un diagnostic économique sans concession
Adoptant une posture technocratique, Al Aminou Lo a dressé un état des lieux préoccupant de l'économie nationale. Il a reconnu que le pays a subi un appauvrissement en 2025 et a averti que cette tendance risque de se poursuivre en 2026. Cette transparence sur les indicateurs financiers vise à ancrer le débat public dans les réalités structurelles du pays, alors que le climat politique est marqué par des tensions au sommet de l'État entre le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko.
Priorités stratégiques et cadre institutionnel
Sur le plan de la gouvernance, le Premier ministre a réaffirmé l'importance de l'Agenda Sénégal 2050. Il a identifié six piliers critiques pour l'avenir du pays : le renouvellement du contrat social, la gestion des finances publiques, les défis démographiques, la réforme de l'administration, la résilience face aux risques climatiques et l'amélioration de l'environnement des affaires. En choisissant de ne pas solliciter la confiance de l'Assemblée, le chef du gouvernement a également écarté tout risque immédiat de motion de censure, préférant concentrer son action sur ces axes programmatiques majeurs.