Le Premier ministre sénégalais, Ahmadou Al Aminou Lô, a présenté sa Déclaration de politique générale (DPG) devant les députés, marquant une étape décisive pour l'exécutif. Au cours d'une séance marathon de près de douze heures, le chef du gouvernement a détaillé sa stratégie pour concilier les ambitions du projet présidentiel avec les contraintes budgétaires actuelles du pays.
Une continuité programmatique sous le signe de l'Agenda 2050
Le Premier ministre a réaffirmé l'ancrage de son action dans le référentiel « Sénégal 2050 » et le Masterplan 2025-2034. Selon les éléments présentés, il n'existe pas de rupture de fond avec les orientations portées par son prédécesseur, Ousmane Sonko. Le gouvernement maintient le cap sur les objectifs de souveraineté économique, de création d'emplois et de réduction du coût de la vie, tout en insistant sur une inflexion méthodologique : passer d'une logique d'annonce à une culture de l'exécution, du financement et de l'évaluation rigoureuse des projets publics.
La gestion des contraintes financières et de la dette
Face à une situation économique décrite comme particulièrement exigeante, Ahmadou Al Aminou Lô a exposé une approche pragmatique. Le gouvernement prévoit de rationaliser les subventions et de poursuivre le traitement de la dette tout en s'appuyant sur le recours au Fonds monétaire international (FMI) et la recherche de financements extérieurs. Cet équilibre délicat vise à assainir les finances publiques sans sacrifier les impératifs de protection sociale et de développement des secteurs stratégiques comme l'énergie, les mines et le secteur primaire.
Tensions politiques et débats parlementaires
La présentation de cette feuille de route a donné lieu à des échanges vifs au sein de l'hémicycle. Les députés de l'opposition et ceux de la majorité ont confronté leurs visions lors de joutes verbales intenses, abordant des sujets cruciaux tels que la gestion de la dette, les déséquilibres territoriaux et la crédibilité de l'action publique. Malgré la pugnacité des débats, le Premier ministre a insisté sur la nécessité de rétablir la confiance des citoyens à travers une gestion plus méthodique et transparente des ressources de l'État.