Le premier immeuble d'Igbo Ukwu, joyau historique d'Anambra, deviendra annexe du musée local

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 47 lectures
Le premier immeuble d'Igbo Ukwu, joyau historique d'Anambra, deviendra annexe du musée local
Photo par Enoch Nwakaku sur Pexels

Un projet de préservation et de valorisation du patrimoine culturel nigérian pourrait transformer un bâtiment historique d’Igbo Ukwu, dans l’État d’Anambra, en annexe du musée local. Construit en 1939 par le chef John Ubabukoh, ce premier immeuble à étage de la région servira désormais de vitrine pour les visiteurs, tout en perpétuant l’héritage architectural et social de la communauté.

Un édifice chargé d’histoire et de défis

Le bâtiment, conçu comme une résidence familiale de huit chambres avec deux vastes salons et des balcons attenants, se distingue par son architecture unique. Escaliers, fenêtres et mobilier en bois, toiture en amiante et murs en briques spéciales sans peinture en font un exemple remarquable de l’artisanat local de l’époque. Son constructeur, le chef John Ubabukoh, avait dû contourner les restrictions coloniales interdisant l’abattage des arbres dans la région pour se procurer le bois nécessaire, illustrant ainsi l’ingéniosité des artisans igbos face aux contraintes imposées par l’administration britannique.

De la résidence familiale au projet culturel

Après avoir servi de lieu de rassemblement pour la communauté, notamment pour des matchs de football, le bâtiment est aujourd’hui au cœur d’un projet ambitieux porté par Ozioma Ubabukoh, petit-fils du défunt chef. Ce dernier, héritier du bien depuis le décès de son père en février 2024, a choisi de le transformer en annexe du musée Igbo Ukwu plutôt que de le démolir. Son objectif : en faire un symbole de la culture igbo, tout en créant une source de revenus pour l’État d’Anambra. La rénovation, prévue pour novembre 2024, inclura la restauration du mobilier en bois et l’ajout d’artefacts représentatifs de la région.

Un levier économique et touristique pour Anambra

Ozioma Ubabukoh mise sur ce projet pour attirer des touristes nationaux et de la diaspora, notamment lors des vacances estivales. Selon ses estimations, la fréquentation du site pourrait générer des retombées économiques significatives : augmentation des réservations hôtelières, hausse des revenus des compagnies aériennes et, in fine, un apport fiscal pour l’État. Plusieurs réalisateurs nigérians ont déjà manifesté leur intérêt pour en faire un lieu de tournage de films épiques, renforçant ainsi l’attractivité culturelle de la région. À plus long terme, le projet s’inscrit dans une vision plus large visant à développer un pôle culturel à Igbo Ukwu, complémentaire aux pôles administratif (Awka), commercial (Onitsha) et industriel (Nnewi) de l’État.

Une initiative privée avec des retombées publiques

Bien que le projet soit porté par des acteurs privés, Ozioma Ubabukoh espère que le gouvernement de l’État d’Anambra soutiendra la création d’accès routiers vers le site. Il souligne que les revenus générés par le tourisme culturel bénéficieraient in fine à l’ensemble de la collectivité. Pour l’heure, aucune implication directe de l’État n’est prévue dans la rénovation, mais une collaboration future pourrait s’envisager pour maximiser l’impact du projet. La préservation de ce patrimoine s’inscrit ainsi dans une démarche de développement durable, où culture et économie se renforcent mutuellement.

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