Le premier rendez-vous télévisuel de la campagne électorale québécoise a mis en lumière les divergences stratégiques des cinq principaux chefs de partis face aux enjeux économiques et institutionnels. Entre la gestion de la guerre tarifaire avec les États-Unis et les débats sur l'avenir constitutionnel, les candidats ont dû défendre leurs bilans et leurs programmes devant un électorat attentif.
La gestion des tensions commerciales avec Washington
La cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ), Christine Fréchette, a placé la défense des intérêts québécois au cœur de son intervention, affirmant maintenir un rapport de force avec Ottawa pour protéger la gestion de l'offre et l'exception culturelle. Face à l'escalade tarifaire, elle n'exclut pas d'utiliser l'électricité comme levier de négociation. À l'opposé, le chef libéral Charles Milliard prône une collaboration étroite avec le fédéral, tout en critiquant la gestion actuelle des alliances. De son côté, Ruba Ghazal, porte-parole de Québec solidaire, a mis en garde contre toute réduction des dépenses publiques, arguant qu'un État affaibli serait incapable de protéger les citoyens face aux chocs commerciaux.
Divergences sur l'avenir du Québec et la laïcité
Le statut politique du Québec demeure un point de friction majeur. Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois, a réitéré son engagement à organiser une consultation populaire sur l'avenir de la province, malgré les incertitudes liées aux résultats électoraux. Cette position a été vivement critiquée par Charles Milliard, qui y voit un risque de division accrue du pays. Sur le plan sociétal, le chef libéral a maintenu une position prudente concernant la Loi sur la laïcité de l'État, précisant qu'aucune modification de la clause dérogatoire n'est prévue avant 2029.
Polémiques et visions budgétaires
La soirée a également été marquée par des explications sur les controverses internes. Éric Duhaime, chef du Parti conservateur, a dû répondre aux critiques visant certains de ses candidats, tout en réaffirmant sa volonté de réduire les dépenses de l'État de 47 milliards de dollars sur cinq ans. Paul St-Pierre Plamondon a, quant à lui, dû clarifier ses positions passées sur l'immigration et ses échanges sur les réseaux sociaux. Ces échanges précèdent une série de débats télévisés qui seront déterminants pour la suite de la campagne, alors que les candidats tentent de convaincre un électorat en quête de stabilité face à un contexte international incertain.