Le préfet de Ziguinchor suspend une manifestation citoyenne pour préserver la solennité de la commémoration du Joola

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 36 lectures
Le préfet de Ziguinchor suspend une manifestation citoyenne pour préserver la solennité de la commémoration du Joola

Le préfet de Ziguinchor, Latyr Diaye, a officiellement interdit la marche pacifique prévue ce samedi 26 septembre 2026 par le collectif « L’Heure est Grave pour la Casamance ». Cette décision administrative, motivée par la coïncidence avec la commémoration annuelle du naufrage du Joola, suspend temporairement l'expression publique des revendications liées aux infrastructures régionales.

Un blocage administratif au nom du recueillement

La mobilisation, portée par le président du collectif El Hadji Mamadou Kamara, visait à interpeller les autorités sur les retards accumulés dans le lancement des travaux du nouveau pont Émile Badiane. Si l'autorité préfectorale reconnaît la légitimité de cette démarche citoyenne, elle a néanmoins opposé un refus formel à la tenue du rassemblement. L'argument central avancé par le préfet repose sur la nécessité de préserver la sérénité de la journée de commémoration du naufrage du Joola, un événement qui mobilise chaque année les familles des victimes, les autorités et les forces de sécurité dans un climat de deuil national.

L'arbitrage entre revendications sociales et mémoire collective

Dans sa correspondance adressée aux organisateurs, Latyr Diaye a invité le collectif à faire preuve de « patriotisme et de compréhension » face à cette contrainte calendaire. Le préfet souligne que la simultanéité des deux événements pourrait nuire à la solennité requise pour le souvenir du drame maritime. Cette décision illustre la complexité de la gestion de l'espace public à Ziguinchor, où les enjeux de développement infrastructurel, portés par la société civile, se heurtent parfois aux impératifs de la mémoire collective et de la paix sociale.

L'incertitude sur la suite du calendrier des travaux

Le report imposé par la préfecture laisse en suspens la question du pont Émile Badiane, dont la lenteur de réalisation constitue le cœur du mécontentement du collectif. Si l'autorité préfectorale n'a pas formellement annulé le droit de manifester, elle a conditionné la tenue de toute action future à un changement de date. Il appartient désormais aux membres du collectif de redéfinir leur stratégie de mobilisation pour porter leurs revendications sur l'état des infrastructures sans entrer en conflit avec les temps forts de la vie mémorielle de la région.

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