Le chef du Parti québécois (PQ) parie sur un candidat aux propos controversés pour séduire l’électorat conservateur, un choix qui pourrait coûter cher à son parti dans une circonscription clé. Alors que le PQ stagne dans les sondages, Paul St-Pierre Plamondon mise sur François Gariépy, journaliste connu pour ses déclarations racistes, pour attirer les électeurs du Parti conservateur du Québec (PCQ) et former un gouvernement majoritaire le 5 octobre. Mais cette stratégie divise, et Charlevoix–Côte-de-Beaupré, où le PQ et le PCQ s’affrontent à couteaux tirés, pourrait en payer le prix.
Un pari électoral risqué dans Charlevoix–Côte-de-Beaupré
La circonscription de Charlevoix–Côte-de-Beaupré, remportée en 2022 par la CAQ avec 48 % des voix, oppose désormais le PQ au PCQ dans une lutte serrée. Le PQ, qui n’a obtenu que 16 % des suffrages à l’époque, compte sur Gariépy pour séduire les électeurs conservateurs, notamment ceux déçus par le modèle québécois. Mais le candidat, dont les propos sur les femmes autochtones et les « grannies » ont choqué, incarne un profil difficile à défendre pour un parti en quête de crédibilité gouvernementale.
Paul St-Pierre Plamondon assume ce choix en invoquant la liberté d’expression : « Il ne faut pas verser dans une société où la liberté d’expression est enrayée parce que tout le monde a peur d’être banni », a-t-il déclaré. Une position qui contraste avec ses attaques répétées contre le « wokisme », notamment après les propos du député de Québec solidaire Haroun Bouazzi sur le racisme à l’Assemblée nationale.
Le PCQ, un rival qui monte en puissance
Le Parti conservateur du Québec, dirigé par Éric Duhaime, séduit une partie de l’électorat avec un discours anti-subventions et une promesse de réduction drastique des dépenses publiques : 47 milliards d’économies en éliminant des aides aux entreprises, en supprimant des postes dans la fonction publique et en abolissant le Fonds d’électrification. Son slogan, « Oser pour vrai », résonne auprès des Québécois de 30 à 45 ans, désillusionnés par le modèle traditionnel.
Bien que le PCQ n’ait aucune chance de former le gouvernement, il pourrait jouer un rôle clé en détenant la balance du pouvoir, influençant ainsi le budget et les politiques publiques. Une perspective qui inquiète autant le PQ que la CAQ, tous deux en quête de voix conservatrices.
CAQ et PQ : deux partis en compétition pour les mêmes électeurs
La Coalition avenir Québec (CAQ) tente elle aussi de capter l’électorat conservateur, notamment en s’alliant avec l’influenceur Olivier Primeau pour séduire les jeunes entrepreneurs. Une stratégie qui s’ajoute à la course effrénée des deux partis pour éviter que le PCQ ne devienne l’arbitre des décisions politiques.
Dans cette triangulaire serrée, le PQ mise sur Gariépy pour marquer des points, mais le risque est grand : une mauvaise gestion de cette controverse pourrait aliéner une partie de l’électorat modéré, tandis que le PCQ, malgré ses excès, continue de gagner du terrain. La campagne du 5 octobre s’annonce donc comme un test pour l’avenir politique du Québec.