Les autorités militaires au pouvoir au Niger ont diffusé le témoignage d'un officier accusant des puissances régionales et internationales d'avoir fomenté une tentative de déstabilisation. Ces allégations interviennent quelques jours après une mutinerie survenue les 28 et 29 août à Niamey, qualifiée officiellement de simple mouvement d'humeur.
Le récit d'une implication étrangère
Lors d'une intervention télévisée, le capitaine Roger Gabriel, présenté comme membre du premier bataillon parachutiste, a détaillé une série de contacts téléphoniques reçus avant les événements. Selon ses déclarations, des insurgés issus du Commandement des opérations spéciales auraient sollicité son appui. L'officier affirme également avoir été informé par un proche du président déchu Mohamed Bazoum d'une coordination entre le Bénin, la Côte d'Ivoire et la Cédéao pour soutenir les mutins. Il soutient en outre que des forces spéciales françaises auraient planifié une intervention depuis le Tchad, une version des faits présentée sans preuves matérielles à ce stade.
Réactions diplomatiques et silence de la junte
Si les autorités nigériennes, incluant le général Abdourahamane Tiani, n'ont pas officiellement commenté ces accusations, la diffusion de ce témoignage marque une montée de la tension diplomatique. Le Tchad a réagi indirectement via une publication du président Mahamat Idriss Déby sur les réseaux sociaux, citant un verset coranique appelant à ne pas dissimuler la vérité, sans toutefois nommer explicitement le Niger. La France, la Cédéao et les autres pays cités n'ont pas encore apporté de réponse formelle à ces mises en cause.
Un climat sécuritaire sous haute tension
Les contours réels de la mutinerie des 28 et 29 août restent flous, la junte n'ayant communiqué aucun bilan officiel des affrontements. Les faits rapportés soulignent toutefois une fracture persistante au sein de l'appareil sécuritaire nigérien. Les combats auraient opposé des éléments des forces spéciales à la garde présidentielle, cette dernière bénéficiant du soutien opérationnel des forces russes de l'Africa Corps. La persistance de ces tensions internes et les accusations portées contre les partenaires régionaux constituent un point de vigilance majeur pour la stabilité du pays et ses relations diplomatiques dans la sous-région.