Une série d'incendies ayant frappé plusieurs centres commerciaux et marchés de Bujumbura ces derniers jours place les autorités burundaises face à une situation sécuritaire préoccupante. Si les causes techniques, telles que les défaillances du réseau électrique ou les usages domestiques imprudents, ont été initialement évoquées, le sommet de l'État écarte désormais la thèse de l'accident systématique.
La remise en cause des explications techniques
Le secrétaire général du parti au pouvoir, le CNDD-FDD, a publiquement exprimé son scepticisme face aux conclusions hâtives désignant la Regideso, la société nationale d'électricité, comme unique responsable. Bien que les installations électriques précaires et les branchements sauvages soient monnaie courante, le responsable politique insiste sur la nécessité d'enquêtes approfondies. Cette position vise à éviter de faire porter la responsabilité des sinistres sur des boucs émissaires commodes, alors que les dégâts matériels s'accumulent dans les galeries marchandes et les marchés de Kinindo et Cotebu.
L'hypothèse d'une déstabilisation politique
Le 27 août, lors d'une réunion consacrée à la sécurité, le président Evariste Ndayishimiye a franchi une étape supplémentaire en qualifiant ces sinistres d'« actes suspects ». Le chef de l'État a ouvertement lié cette vague d'incendies au climat politique national, évoquant des sentiments de « jalousie et de rancœur » propres aux périodes pré-électorales. Le président a par ailleurs dénoncé l'attitude de certains opposants, qu'il accuse de se réjouir des pertes subies par les commerçants, interprétant ces événements comme une tentative de déstabilisation du pays.
L'attente des résultats d'enquête
Alors que les autorités rejettent la piste accidentelle, aucune preuve matérielle n'a pour l'heure permis d'identifier les auteurs de ces départs de feu. Le discours officiel se concentre désormais sur la recherche de responsables, transformant ces faits divers en un enjeu de sécurité nationale. La question de savoir « à qui profitent ces incendies » reste au cœur des préoccupations des commerçants sinistrés, dans l'attente de conclusions judiciaires qui permettront de clarifier si ces destructions relèvent d'une malveillance organisée ou de défaillances structurelles persistantes.