Serigne Bassirou Abdou Khadre a tenu à clarifier le périmètre de ses missions auprès du khalife général des mourides, notamment concernant l'obtention de passeports diplomatiques pour des dignitaires religieux. Cette mise au point intervient dans un contexte de tensions politiques où l'usage de ces documents officiels fait l'objet d'un débat public sur les prérogatives de l'État et le statut des autorités religieuses.
La nature fonctionnelle du passeport diplomatique
Le porte-parole a rappelé que le passeport diplomatique demeure, par essence, un document lié à l'exercice de fonctions officielles et à la qualité de diplomate. Il a ainsi souligné que la recherche de ces titres pour des tiers ne s'inscrit pas dans le cadre de ses missions habituelles. Cette déclaration vise à recadrer les attentes autour d'un document dont l'attribution est souvent perçue, au sein de la société, comme une faveur accordée par les autorités plutôt que comme un droit inhérent au statut religieux.
Une requête transmise au sommet de l'État
La précision de Serigne Bassirou Abdou Khadre fait suite à une démarche spécifique : sur instruction de Serigne Mountakha Mbacké, il avait été chargé de transmettre au président Bassirou Diomaye Faye une requête concernant certains chefs religieux. Cette demande visait à faciliter les déplacements de ces derniers à l'étranger, notamment pour des raisons de santé ou pour des visites pastorales auprès de leurs disciples. Selon le porte-parole, le chef de l'État aurait affirmé son intention de valider les demandes qui lui seraient adressées officiellement dans ce cadre précis.
Le statut des chefs religieux dans la sphère publique
Au-delà de la question technique des passeports, le porte-parole a plaidé pour une reconnaissance accrue du statut particulier des responsables religieux dans leurs interactions avec les pouvoirs publics. Il estime que ces figures ne sauraient être traitées comme de simples citoyens, appelant l'État à faire preuve de davantage de sollicitude. Ce positionnement intervient alors que le sujet des passeports diplomatiques est devenu un point de friction politique, illustré récemment par des accusations d'ingérence visant des représentations diplomatiques étrangères ayant proposé leur assistance à des chefs religieux sénégalais.