Le porte-parole du khalife général des mourides, Serigne Bassirou Abdou Khadre, a exprimé le souhait d'une plus grande bienveillance de l'État sénégalais dans l'octroi de passeports diplomatiques aux chefs religieux. Cette requête intervient dans un contexte de durcissement des conditions d'attribution de ces documents officiels par l'administration du président Bassirou Diomaye Faye.
Une démarche motivée par les besoins de mobilité des dignitaires
Selon Serigne Bassirou Abdou Khadre, la sollicitation adressée au chef de l'État vise spécifiquement à faciliter les déplacements des autorités religieuses, notamment pour des raisons de santé ou pour rendre visite à leurs communautés établies à l'étranger. Le porte-parole a précisé que cette démarche, initiée par le khalife Serigne Mountakha, ne constitue pas une demande systématique pour tout individu, mais une exception justifiée par le statut particulier des chefs religieux.
Le cadre strict de l'attribution des passeports diplomatiques
Le débat sur l'usage des passeports diplomatiques au Sénégal est récurrent. Si ces documents sont théoriquement réservés aux diplomates, une pratique d'usage a permis à plusieurs chefs d'État successifs d'en accorder à des personnalités hors du corps diplomatique. Toutefois, le président Bassirou Diomaye Faye a instauré, dès 2024, des critères plus rigoureux pour l'obtention de ces titres, invoquant la nécessité de préserver l'image et la souveraineté du pays sur la scène internationale.
Tensions politiques et gestion administrative
La question des visas et des passeports diplomatiques a récemment cristallisé des tensions au sein de l'exécutif. Le Premier ministre Ousmane Sonko a notamment dénoncé une ingérence étrangère après une proposition d'aide de l'ambassadrice de France concernant les visas des chefs religieux. Face à ces enjeux, le porte-parole du khalife a tenu à clarifier que la gestion de ces documents relève exclusivement de la compétence du président de la République. De son côté, le chef de l'État a assuré au porte-parole qu'il examine et signe les demandes qui lui sont soumises, marquant ainsi une volonté de dialogue avec les autorités religieuses sur ce dossier sensible.