Le déroulement des examens finaux du Barreau nigérian, qui se tiennent du 31 octobre au 7 novembre 2026, est marqué par une vive controverse autour du code vestimentaire imposé aux candidates. Plusieurs étudiantes musulmanes se sont vu interdire l'accès aux salles d'examen en raison du port du hijab, déclenchant une levée de boucliers de la part d'organisations religieuses et de défense des droits humains.
Sécurité des examens contre libertés individuelles
La direction de l'École de droit du Nigeria justifie ces mesures par des impératifs de sécurité et d'intégrité académique. L'institution a révélé qu'une étudiante avait été appréhendée le 29 octobre dernier, dissimulant des appareils électroniques sous son hijab. Pour l'administration, cette saisie confirme la nécessité de protocoles de contrôle stricts, tout en affirmant son engagement à respecter les droits constitutionnels des étudiants. Un compromis a finalement été trouvé, autorisant le port d'un hijab noir arrivant au niveau des épaules.
Une mobilisation pour le respect des droits constitutionnels
Plusieurs groupes, dont la Muslim Students’ Society of Nigeria (MSSN) et le Muslim Rights Concern (MURIC), ont dénoncé des pratiques jugées discriminatoires et humiliantes. En s'appuyant sur les sections 38 et 42 de la Constitution nigériane, qui garantissent la liberté de religion et la protection contre toute forme de discrimination, ces organisations ont exigé une révision immédiate des procédures de filtrage. Le débat dépasse le cadre de l'examen, touchant à la reconnaissance de l'identité religieuse au sein des institutions professionnelles.
L'émergence de nouvelles revendications
La controverse a pris une dimension inattendue avec l'intervention de l'Association des fidèles des religions traditionnelles du Nigeria. Invoquant le principe d'égalité, ce groupe exige que ses membres puissent également porter leurs tenues traditionnelles lors des activités académiques, au même titre que les étudiantes musulmanes. Cette demande fait écho à des précédents juridiques marquants, notamment l'apparition en 2022 d'un avocat en tenue traditionnelle devant la Cour suprême, justifiée par une jurisprudence sur le port du hijab dans les écoles publiques.
Un précédent historique
Ce n'est pas la première fois que le code vestimentaire des juristes nigérians fait l'objet de contestations. En 2017, le refus d'admettre une étudiante au Barreau pour port du hijab avait déjà suscité un débat national, aboutissant finalement à son admission l'année suivante. Si la situation actuelle semble s'apaiser, la persistance des revendications des groupes religieux traditionnels laisse présager que la question de la neutralité vestimentaire dans les institutions de droit restera un point de tension majeur à suivre.